‹ Jacques de TourreilChapitre 77 sur 153 · IMd · texte numérisé non relu

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savent bien que le grammairien scrupuleux peut difficilement compatir avec le grand orateur. Ils s'affranchissent quelquefois de la servitude des règles, prennent l'essor, et cherchent la gloire dans le péril '. » C est à croire en vérité que sous cet amas de belles paroles le traducteur cherche à couvrir le malaise qu'il éprouve : il voudrait bien sans doute apaiser la critique de ses juges les plus sévères, mais il voudrait de même ne pas perdre la faveur de ses premiers admirateurs. Quelle concession fera-t-il aux vms sans indisposer les autres? Trouvera-t-il un juste tempérament pour faire agréer de tout le monde 1 œuvre nouvelle qu'il va donner ? L'exemple suivant va nous instruire.

Première Philippique, 9, 10, 11 et 12.

(Voir aux pages 129-130 le texte de ce passage.)

Version de 1101 .

« Voyez de grâce jusques où va l'arrogance de l'homme ? Il ne vous offre plus l'alternative de la paix ou de la guerre : il menace, il use, à ce que j'entends dire, de termes insolents ; ses premières usurpations ne le contentent pas; il forme incessamment nouveaux desseins, nouvelles entreprises ; et à la faveur de vos incertitudes et de votre assoupissement, il s'approche toujours et vous enveloppe déjà de toutes parts. — Quand donc, Messieurs, quand prétendez-vous faire votre devoir ? Est-ce lorsqu il surviendra quelque événement ? Est-ce grand Dieu, lorsqu'une nécessité indispensable ne vous permettra plus de reculer '. Et de quel œil regarderez-vous les événements arrivés? Moi, je ne connais point de nécessité plus pressante pour des hommes libres, que la honte qu'ils ont encourue par leur mauvaise conduite. Serez-vous éternellement à vous promener dans la place publique, et à vous demander : qu'y a-t-il de nouveau ? Y peut-il rien avoir de plus nouveau

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