Voir du Mège, ouvr. cité, tome IV
2. ly A\déguier, Histoire de la Ville de Toulouse, tome lY, p. 229.
comme ailleurs dans les collèges des Jésuites, de cette conception fausse et vaine de la traduction et de son but , qui tendait moins à instruire les lecteurs qu'à travailler au bien personnel du traducteur, de cette érudition souvent plus apparente que réelle, de cette dextéinté incomparable à se servir des mots pour envelopper la pauvreté des pensées sous les ornements d'une brillante phraséologie. On verra que Tourreil est resté pendant long-temps un exemple parfait de cette éducation donnée par les Jésuites, qui n'enrichissait g'uère les esprits de connaissances solides et pratiques, mais leur apprenait à bien parler et à bien écrire.
A côté des nombreux collèges établis à Toulouse, qui se rattachaient à l'enseignement supérieur et qui, fondés pour héberger un petit nombre d étudiants pauvres, envoyaient leurs boursiers, appelés coUégiats, aux cours des quatre Facultés, il y avait deux grands établissements d'enseignement secondaire, le collège de l'Esquille et celui des Jésuites, tous deux prospères et en grande réputation : le premier que la Ville et le Parlement protégeaient spécialement, était dirigé par les Pères de la doctrine chrétienne, et en 1668 il comptait 967 élèves '. Le collège rival des Jésuites, installé depuis lo67 dans le palais de Jean de Bernuy, eut encore plus de faveur ; pendant deux siècles il jeta le plus grand éclat dans le midi de la France. En 1521, Louis XIII fit à ce collège l'honneur de sa visite ; Louis XIV y vint aussi, y assista à la représentation de quelques tragédies et même y dansa -. Comme tous les collèges pourvus du cours complet, celui-ci comprenait les cinq classes de grammaire et des lettres, avec la philosophie
1. Rapport sur l'état de l'Université de Toulouse eu 1668 par MM. d'Anglure de Bourlemont et Claude Bazin, seigneur de Bezons. Une copie de ce rapport précède le rapport de M. d'Aguesseau, intendant du roi dans la province de Languedoc, et se trouve à la Bibliothèquenationale: une autre copie est conservée à la Bibliothèque de Toidouse. Enfin ce rapport a été publié dans l'Histoire du Languedoc ■ Privât, Toulouse), tome XI^^ pièces justificatives, n" CCCLXV.col. 997 et sq.