‹ Jacques de TourreilChapitre 86 sur 153 · Tourreil (1721), t. I. Préface, p. \xiv · texte numérisé non relu

Tourreil (1721), t. I. Préface, p. \xiv

Nous ne dirons pas davantage avec lui que « Monsieur de Tourreil ne se donne nullement le torture pour éviter la répétition ' » de cet abominable mot « car w.qui faillit un beau jour révolutionner l'Académie. Massieu prend soin de nous avertir que la conjonction « car », comme « elle marche d'ordinaire, suivant l'expression de Voiture, à la tête de la raison, et qu'il n'y a point d'ouvrages où la raison se montre plus fréquemment et avec plus de force que dans ceux de Démosthène, il n'y en a point aussi, où cette particule soit plus fréquemment répétée - ». Remercions donc Tourreil de nous avoir donné du car autant de fois qu'il y en a dans son modèle, et nous pourrons dire, après avoir lu ses harangues, que nous sommes

Prêts à mourir pour car après de tels discours ^.

Tout cela nest que puérilité d un autre âge. Pour prouver que Tourreil ne retranche rien, nous ne ferons pas remarquer avec Millot, en manière de reproche, « qu il poussa l'exactitude jusqu'à exprimer autant qu'il pouvait toutes ces particules ou conjonctions si souvent répétées dans le grec ^ ». Si le traducteur de Démosthène, dans sa recherche méticuleuse de la fidélité, ne s'était livré qu'à ce jeu naïf, nous serions tentés d'en sourire. Ce que nous entendons par ne rien retrancher, c'est par exemple de conserver deux termes à peu près synonymes là où il y en a deux dans le grec, non parce qu'il faut se persuader « qu'on doit rendre non seulement le nécessaire, mais même le superflu de son auteur ' », mais parce que Démosthène a parfois de bonnes raisons de présenter deux fois la même idée à l'attention de son auditoire : c'est encore

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