‹ Jacques de TourreilChapitre 88 sur 153 · Toun-eil (17211, t. I. Préface, p. xxiii et xxiv · texte numérisé non relu

Toun-eil (17211, t. I. Préface, p. xxiii et xxiv

tion, aussi bien que la recherche de la littéralité, — et il ne faut voir là que l'excès d'une qualité — l'entraîne à dire vulgairement, trivialement même, ce qui lui paraît être vulgaire et trÎAàal, et qui est peut-être simplement ordinaire et familier ; il ne recule pas d'ailleurs devant les grossièretés de langage que l'on rencontre couramment chez les orateurs athéniens. Dans sa harangue contre Ctésiphon, Eschine cite des paroles de Démosthène qu'il qualifie d'absurdes et d'abominables : Tourreil, fidèle au texte, les traduit ainsi : « Certaines gens ébourgeonnent Athènes^ certaines gens ébranchent le peuple. On a coupé les nerfs du gouvernement. Ceux-ci nous plient comme de l'osier, ceux-là nous enfilent comme des aiguilles K » Il y avait là de quoi faire frissonner un lecteur délicat ! L'abbé Millot qui un peu plus tard traduit à son tour les deux harangues d'Eschine et de Démosthène, reconnaît que la version de Tourreil est littérale, mais il trouve qu'elle est peut-être trop insupportable en français, et il dit : « On ébranche la République ; on brise les rejetons du Peuple ; on coupe les nerfs des affaires ; quelques-uns nous ploient comme des roseaux ; quelques-uns nous embrochent comme des oisons -. » Tourreil sans doute déclare dans une de ses Remarques <( que Démosthène n'est pas ici reconnaissable .), et il pense que « si ces paroles sont véritablement de lui, il faut qu'elles lui soient échappées dans un de ces moments où l'orateur se laisse emporter par son éloquence et par son zèle -^ ». Il lui reproche avec Cicéron ^ de pécher contre la délicatesse attique ; mais enfin il traduit tel quel ce que le texte lui présente. Dans le même discours il dit encore : « Cet homme porte sur ses épaules, non une tête, mais une ferme ■'. » Et Millot, qui juge que dans certains cas « il faut

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