Tourreil (4721), t. II, p. 12G
un peu plier le texte de roriginal au génie de notre langue », dit kson tour : « Sa tête est pour lui une bonne rente ^ » Une autre fois Tourreil donne sans sourciller à Eschine les noms de Meneur de branle, de Porte-lierre, de Porte-crible, que Millot a (( enveloppés sous l'idée d'acclamations bachiques - ». Rollin et Millot reprochent à Tourreil toute une suite d'expressions « que l'orateur le plus médiocre n'emploierait pas '^ ». Millot en cite quelques-unes : « Vous foisonnez de concurrents... Son maquignonnage pour les plus illicites commerces... Dès que vous avez dépensé le salaire de votre silence, vous recommencez vos clabauderies... Vous vomissez des charretées d'injures, etc. '^... » Rollin en relève plusieurs autres : '< Ce que nous demandions tous à cor et à cri... Le soin qu'ils ont de vous corner aux oreilles... Si vous continuez à fainéanter... Vous vous comportez au rebours de tous les autres hommes... Vous ne cessez de m'assassiner de clabauderies éternelles... Ils vous escamoteront les dix talents... Vous amuser de fariboles... Il se ménagea un prompt rapatriement... Que si le cœur vous en dit, je vous cède la tribune... Mais tout compté, tout rabattu... Non, en dussiezvous crever à force de l'assurer faussement '... » Il ajoute : « Je rapporte ce peu d'exemples entre beaucoup d'autres, pour avertir ceux qui liront cette traduction, très estimable d'ailleurs, de ne point imputer à l'orateur grec de pareils défauts d'expression''... » Est-il besoin d'insister sur cette erreur de Rollin, qui aurait dû savoir que l'orateur grec, qu'il s'appelle Eschine ou Démosthène, ne recule jamais devant le mot cru? Nous ne prétendons pas « que le peuple d'Athènes
1. Millot, Harangues de Démosthène et d'Eschine sur la Couronne, p. 116.