‹ Jacques de TourreilChapitre 92 sur 153 · Tourreil (1721), t. I. Préface, p. xxv · texte numérisé non relu

Tourreil (1721), t. I. Préface, p. xxv

2. Stiévenart, OEiwres complètes de Démosthène et d'Eschine. Préambule, p. iv.^

G. DiHAiN. — Jacques de Tourreil. 12

Tout a l'humeur gasconne en un auteur gascon ; Démosthène et Tourreil parlent du même ton.

Nous voilà certes bien loin des éloges que Massieu prodigue à celui qu'on appelait alors le Démosthène fraiiçais ! La vérité se tient entre ces deux excès : suivons le conseil de Destouches :

Il ne faut rien outrer, quand on veut être sage ^ ;

et nous reconnaîtrons que Tourreil ne substitue pas toujours au vrai sublime de Démosthène une enflure gigantesque ; qu'en maint endroit il atténue la pompe de son style ; qu'il ramène souvent au naturel des phrases ampoulées et boursouflées, et que, dirait Boileau,

Il réprime des mots l'ambitieuse emphase.

On ne peut plus dire désormais qu'il étale partout et l'or et le brocard. Mais à coup sur, ce défaut originel, qu'il combattit loyalement, laissa des traces dans son œuvre dernière, et d'Olivet nous semble avoir rencontré une note plus juste quand il dit : « Il y a dans la troisième version du traducteur des restes d'affectation ; on y sent les efforts infinis qu'il en a coûtés à l'écrivain pour se gêner à être moins brillant et plus naturel '. » Il ne souffla pas assez fort sur le fard dont il avait masqué son Démosthène. C'est que, « s'il était alors à cet âge, où l'on préfère le solide au brillant, où l'on est revenu de toutes ces fausses beautés qui ont coutume d'enchanter et de séduire la jeunesse..., s'il évite avec soin les défauts qu'on lui avait reprochés dans ses premières années ^ », il ne peut oublier que, traduisant pour des Français, il doit écrire en français, dans ce français aristocratique du grand siècle, où la simplicité

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