‹ Jacques de TourreilChapitre 94 sur 153 · Ibul., t. I. Préface, p. xxx · texte numérisé non relu

Ibul., t. I. Préface, p. xxx

sieu s'illusionne, et que la supériorité de ces deux harangues d'Eschine et de Démosthène, qui, selon sa propre expression, f( sont en possession d'être regardées non seulement comme ce que l'antiquité a de plus précieux, mais même comme ce que l'esprit humain a jamais produit de plus parfait en matière d'éloquence • », l'ait porté à s'exagérer la supériorité de ces deux dernières versions sur les précédentes : ce qu'il ajoute prête à cette supposition : « La traduction qui en va paraître, est aussi ce que M. de Tourreil a fait de plus achevé ~. » Dans de telles conditions la version des Philippiques, même après un dernier remaniement, pouvait ne pas valoir ce travail nouveau dont l'excellence semblait tenir à la fois à la plus grande beauté du texte, à la prédilection que lui accordait le traducteur, à la dextérité acquise par lui dans ce long labeur de sa vie, à l'emploi judicieux et suivi d'une méthode plus rationnelle et plus sûre. Mais encore sous quel rapport Massieu envisageait-il cette supériorité des deux dernières versions de Tourreil? Il ne semble pas que celui-ci y ait fait preuve d'une plus grande fidélité au sens et d'une meilleure intelligence du texte. Massieu vraisemblablement doit avoir en vue le style même de cette double traduction. On voit, dit-il, k dans ce dernier ouvrage une éloquence mâle et saine, que le temps a mûrie, que l'exercice a fortifiée, et que de longues réflexions sur les règles et sur les modèles ont portée à sa perfection. L'auteur évite avec soin les défauts qu'on lui avait reprochés dans ses premières années ; et retranchant tout ce qui a la plus légère apparence d'affectation et de singularité, il ne songe qu'à présenter un beau sens, soutenu de l'expression propre, c'est-à-dire de celle que demande la nature ^ ». H y a dans ce jugement des termes qui méritent d'être retenus et sanctionnés : évidemment les

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