‹ Jacques de TourreilChapitre 96 sur 153 · Tourreil (1"2U, t. I. Prélace, p. xxxi · texte numérisé non relu

Tourreil (1"2U, t. I. Prélace, p. xxxi

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a su reproduire la physionomie de Démosthène, dont il n'amollit pas les traits énergiques, ce qui est déjà un grand mérite. Mais a-t-il laissé à Eschine le caractère de son éloquence et marqué ainsi une différence entre les deux orateurs? Faut-il lui appliquer ce que dit Egger des traducteurs des auteurs grecs au xvii*' siècle : « Ils semblent n'y voir qu'une seule langue que peut représenter l'uniformité de la nôtre » ' ? Mais d'abord comment Tourreil, qui apprécie si bien le génie oratoire de Démosthène, juge-t-il celui de son adversaire ^ ? A vrai dire, le jugement qu il porte, et qui est plutôt un brillant exercice d'école, contient plus de mots que d'idées : il manque de précision. S'il entrevoit dans Eschine cette souplesse et cette habileté d'un esprit cultivé et d'un artiste de paroles, cette diction pleine d'harmonie et d'éclat qui charmait les oreilles athéniennes, il ne voit pas que le défaut de cette éloquence, qui avait, dit Quintillien, plus de chair que de muscles, était d'être souvent déclamatoire, contrastant singulièrement avec la simplicité forte et profondément impressionnante de Démosthène. Et c'est peut-être ce trait du caractère

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