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et, comme contre-partie, les vers, pleins d'une grâce résignée, par lesquels la trésorière cherche dans Tégoïsme des hommes une excuse à l'inconstance de ses semblables \ Impossible de transcrire de tels passages. Je le regrette : comme style, ce sont les mieux venus. On se trouve gêné aujourd'hui pour faire décemment l'analyse de pièces qui furent jouées devant des enfants et par des enfants. Il était temps que l'édit de Blois (1579) vînt mettre un terme à un abus toujours grandissant.
La Trésorière est une comédie satirique, au sens habituel du mot et aussi au sens restreint, c'est-à-dire une œuvre de satire personnelle, quelque chose comme une tentative aristophanesque. Les personnages existaient ; leur aventure avait fait du bruit et les spectateurs la connaissaient. Écoutez V Avant-jeu :
Vray est que le Protenotaire, Principal de tout* ceste affaire, Est de nostre Université*.
Si l'on devait s'en rapportera Grévin, il aurait d'abord écrit, et même il aurait fait jouer une pièce intitulée La Maubertine^ « première comédie que je mis en jeu, dit-il, et que j'avoye bien délibéré donner, si elle ne m'eust esté desrobée ». Quoi qu'il en soit de cette prétendue représentation dont aucune tmce ne subsiste, personne n'a jamais cru que cette Maubertine et la Trésorière fussent deux comédies différentes'^. Grévin s'est contenté de changer par prudence le titre d'une pièce qui, jouée dans l'intimité ou colportée sous le manteau, avait effarouché certains intéressés et pouvait lui attirer des désagréments. Mais c'est bien la même qui fut jouée en 1558, et l'on dirait, à lire YAvant-jeUy que l'auteur n'a pas voulu que nous nous y trompions :
Or sçachez qu*en tout ce discours Nous représentons les amours