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pear. Quand d'une voix sonore, Tllalien lance des strophes de TArioste vers la fenêtre de sa belle, le valet se gausse de lui en italien macaronique :
Forfanti, Coioni, Poltroni, Li compagnon! di Toni, Le mal san Lazaro te vingue, Et le mau de terre te tingue'.
Quand le matamore le provoque, Julien répond par des nasardes :
JULIEN
Avez-vous le martel en teste?
Signer mio, sus, une aubadeé
PàlITHALEONE.
Mais plustost une bastonnade A ce faquin qui fmt du brave....
JULIEN
Prime de la caze Freneze, Grand escuyer de sa maison Quand il est seul.
PÀNTHÀLEONE.
Est-ce raison Que j*endure telle bravade, Moi qui pour une canonnade Jamais ne me suis estonné?
JULIEN
Ha quel meurtrier I
PANTHALEONE.
J*ay donné Mille coups d'estoc et de taille Au plus espais d'une bataille, Et ce sot poltron parangonne Sa couardise à ma personne*.
dette fois, Julien ne plaisante plus. II existe une manière de faire taire cette sorte de. gens :
JULIEN
Sçavez-vous bien que c est, mastin, Fantosnie du mont Aventin, Sepulchre h punaise, pendart, Demourant de tout le cagnard?
Si vous ne me parlez plus doux.
Je V0U3 assomeray de coups.
* Regardez, je suis Julien,
Qui n'ent«nd mot d'italien :
Mais si vous grongnez autre fois.
Je vous feray parler François*....'
Parler français ! voilà ce que demande en grâce la patriotique exaspération de Grévin et dfe ceux qui pensent comme lui. A la ville comme à la cour, l'italianisme étale ses grâces fardées et ses hâbleries. Faudra-t-il lui abandonner notre poésie et notre langue? Faudra-t-il cesser de travailler à perfectionner Tune et l'autre pour nous convertir au baragouin de ces aventuriers et des spadassins à leurs gages? Comme on comprend un tel souci chez un écrivain jaloux de dénouer notre idiome national et de fonder un art français! C'est Grévin, soyons-en persuadés, c'est lui, qui, par la bouche du gentilhomme, lance au delà des tréteaux cette énergique parabase :
Pensez-vous nous rendre estonnez Par une langue decepfive Comme si la nostre captive Ne pou voit respondre d'un mot?
Pensez-vous le François si sot, Qu'il n'egalle bien en parolle Toute l'apparente frivoUe
d. U, 200, V. 21 sqq. Panthaleone répond par un joli mot :
Non, non, inesser Juliano, Je pensoy que ce fusi un autre :
Car quant k moy, je suis toutvostre.
De vostre langue efioBininee, Qui» comme une espesse fumée, Nous donnant au commencement Un effroyable estonncment, A la parfin s*esvanouit Avecque le vent qui la suit?
Nostre France est trop abbruvee * De vostre feinte controuvee
Et deceptivc intention ^
Certes, il fallait quelque hardiesse pour jeter ce cri de colère aux compatriotes et aux flatteurs de Catherine de Médicis. Ni la reine florentine, ni Henri II, ni Charles FX ne firent rien pour défendre Tamour-propre de leurs familiers. Ceux-ci en entendront bien d'autres quand Henri Estienne publiera (en 1578) ses Deux Dialogues du nouveau langage françois italianizé.... De quelques courtisanismes modernes et de quelqties singularitez courtisanesques. Il est vrai que, cette fois, le pamphlet viendra de Genève,
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Une clause du traité de Cateau-Cambrésis stipula le mariage de deux princesses de sang royal, la sœur et une des filles de Henri II. La première, Marguerite de France ou de Berry, épousait Emmanuel-Philibert, duc de Savoie; la seconde, Elisabeth
de France, devenait la femme de Philippe II, roi d'Espagne.
Plusieurs poètes célébrèrent comme à l'envi, ou la double union, ou de préférence l'hymen de cette princesse Marguerite, la Pallas, la Minerve française si vantée par la Pléiade. Chacun de ces poètes fit appel aux ressources de son imagination. Ronsard,