Descrip
5. La Bruyère, De la Société et de la Conversation , 49-50. 4. I, 182, V. 5-8.
suffit de constater la faiblesse de cette composition. Que Tauteur ne sente pas, comme le poète moderne, tout le charme
d*une eau qui chemine A flots purs sous le frais lilas*,
cela pour son époque n'a rien qui puisse surprendre. Mais les idées manquent vraiment trop d'élévation. Horace savait gré à la fontaine de Bandusie de désaltérer les troupeaux. Grévin ne songe qu'à remercier son onde clermontoise des services qu'elle lui rend quand il a soif ou qu'il veut se baigner. Il rapporte en termes obscurs une origine fabuleuse de la fontaine. Il emploie un style pfat et maniéré. Il abuse (défaut qu'il évitera par la suite) des diminutifs à la mode : « ma petite ondelette, ma petite fontainette ». Il risque « Tonde chasse-brasier. > Il imite Ronsard \ sans égaler son adresse. Il se montre toutefois poète dans le goût de l'époque, quand il voit le chœur des Muses se jouer dans cette retraite :
Lon oit aussi sur tes eaux, Gazouillant dans les ruisseaux, Souvent les sœurs Castalides, Souvent les neuf Libetrides Se promener à loisir Et y prendre leur plaisir, Arrondissant leurs carolles Souvent sur tes rives molles^.
On n'en finirait pas si on voulait relever dans Ronsard et ses contemporains tous les passages de cette sorte. Aux hommes de la Renaissance, la nature apparaissait comme peuplée par les divinités antiques*. Surtout ils considéraient les sources comme