I, 81,v. lO-H
poètes de ce temps, renouvelée de Pétrarque (et de Dante, dans la Vita mtùva)j il nous inForme avec exactitude du jour où naquit en lui un amour irrésistible : ce fut le 10 mars 1558, ancien style, c*esl-à-dire 1559 :
En Tan vingt et unième après que je fu né Je senty de l'Amour la première secousse....
Le dixième de Mars me sentant estonné.:.
J*apperceu que deslors j*estois empoisonne ^
Et ailleurs :
Hastif et affamé le dixième de Mars, Je devoray l'amour'....
Ailleurs enfin, et avec plus de précision encore :
Cinq cens cinquante et huict, après milles années, Le dixième de Mars, sur la moitié du jour, J'eiilray ou mes amours furent emprisonnées'.
Du reste, il ne dit pas : Ut vidi, ut periil *. Si ce jour-là il connut Tébranlement profond de la passion, il y avait six mois que l'amour « séjournoit dans son cœur »^ De ce moment, Grévin n'aura plus rien à envier aux poêles de son temps. Il a rencontré, lui aussi, son idole poétique, l'inspiratrice de ses vers désolés, la beauté cruelle dont il célébrera les perfections et déplorera la froideur. Il fallut d'abord lui trouver un nom : ainsi le voulait l'usage. Colletet, dans sa vie de Ronsard, raconte que ce dernier, passant par Blois, « y devint espris d'une belle fille appelée Cassandre, dont lé nom aussi bien que la beauté luy