I, 32, V. 18. Cf. f, 24, ▼. 11 ; 52, v. 5; 54, v
pleurent de telle sorte qu'il se résolut de la chanter dans ses vers*... ». Tous les poètes n'avaient pas cette chance, et le prénom de Nicole était décidément un peu bourgeois. Grévin <( la loua» ditColletety sous le beau nom d'Olimpe ». Beau nom, en effet, pour la maîtresse d'un poète, et qui fournissait, qui formait à lui seul une poétique équivoque :
D'Olimpe vient ma Muse, Olimpe est le seul mont Ou j'appris à toucher les cordes de la lyre, Et ou j*ay commencé d'essayer à bien dire :
C'est mon seul Helicon, Parnasse à double front*....
Il fallait aussi une devise; c'était encore une mode du temps. Ronsard avait pris la sienne de Théocrite : 'n; rôov, â>; cjxivrv. Dès 1559, Grévin, à la fin de son Chant de joie de la Paix... , inscrivait ces mots : AîU nihil atd Olympm. Ensuite, il préféra la forme grecque; le volume de V Olimpe se termine par cette devise : "hS' ouSev tîS' *'OXu ixtuoç % Olympe ou rien, jeu de mots qui se comprend de reste. Pendant neuf mois, nous dit Grévin, il composa ses sonnets en l'honneur d'Olympe* (en effet, le permis d'imprimer de Y Olimpe est du 25 novembre 1559).
Au point de vue des garanties morales, le poète offrait des gages tout particuliers vis-à-vis d'une famille savante et dans un temps oîi il n'y avait pas de vertu qu'on n'attribuât à l'érudition. Rare recommandation : en 1558 (sans doute dans la période des six mois d'amour préparatoire et pour faire sa cour), il avait publié une traduction d'un des traités moraux de Plutarque : De la manière de se conduire en mariage (le tilre grec est raptixi wapaYy£X|i.aTa). Par ce traité, Plutarque, en exhortant les époux à se donner mutuellement l'exemple des vertus, présente dans l'étude des belles-lettres un des moyens les plus efficaces de con-
1. P. Blanchemain, GEuvres inédites de P. de Ronmrd.... Paris, 1855, p. 28.