Ronsard, éd. P. BL, VI, 223, v
5. 1. 140, V. 29; 141, v. 1-5. Cf. Ronsard, éd. P. BL, VL 220, v. 5-6.
6. I, 158, V. 11-20; 139, v. 2-11; 140, v. 23-25. Cf. Ronsard, éd. P. BL, VI, 221, Y. 1-2.
7. I, 139, V. 22-27. Cf. Ronsard, éd. P. BL, VI, 221, v. 5-7. 81. L 140, V. 13-18. Cf. Ronsard, éd. P. BL, VI, 220, v. 26.
9. ï, 142, V. 15-29; 145, v. 1-25. Cf. Ronsard, éd. P. BL, VL 224. v. 1^.
Grévin. Je prends comme exemple ce qui a rapport au commerce. Ronsard a dit simplement :
Les navires sans peur dans les havres abordent ; Avec les estrangers les estrangers s accordent.
Grévin :
Les marchands pourront sans crainte Voyager, et sans contrainte Trafiquer à Testranger, En une eitrange province Avec un eitrange prince Leur marchandise eschanger....
Autre exemple : les amoureux concerts. Ronsard :
On n*oit plus les canons horriblement tonner, Mais la lyre et le luth doulcement resonner Auprès de Tamoureuse....
Grévin :
Au lieu de croiser les piques Pour les querelles antiques, Et de courrir à l'assauU, Au lieu d*armots et cuirasses, De coustelats et de masses D*une surprinse en sursault, Sur le lut et sur la lyre Lon s*essayra de bien dire.
Sur un esclatant haubois Lon contrefera la voix*.
i . Du moins, Grévin évite la fausse grandeur. On a cherché dans les plaidoiries de certains avocats du xvn* siècle Torigine des périodes ridicules de Tlntimé dans les Plaideurs, Sait-on d'où vient le fameux passage : Avant la naissance du monde?... Parlicularité inédite (tant on connaît peu Ronsard lui-même!), il est pris presque mot à mot
Mais Ronsard fait preuve de plus de sens politique que Grévin. Celui-ci dit bien que les conditions des traités récemment signés valent mieux que des victoires. Juste ou non, cette opinion sur la paix qu'il célèbre se trouve en situation et convient à son dessein. Mais la diplomatie personnelle du roi et la clause incontestablement avantageuse qui conser\ait Calais à la France, voilà ce qu'il fallait mettre en lumière, et Ronsard se garde d'y faillir. Grévin ne sait pas encore flatter. Il va apprendre.
Le !•' janvier 1567, Robert Estienne, ne sachant, dit-il, quelles étrennes présenter « à la Royne de France, Mère du Roy », lui dédiait un opuscule en vers intitulé : Proème sur l'histoire des François et Hommes vertueux de la m^aison de Medici\ Ce compliment poétique ne portait pas de nom d'auteur. Robert Estienne déclarait n'avoir aucun renseignement à ce sujet, et tenir d'un de ses amis la copie de l'ouvrage. L'auteur, c'était Grévin, et, bien entendu, l'imprimeur ne l'ignorait pas. Aux autorités que j'ai rapportées sur ce point (dans la Bibliographie), il faut ajouter le témoignage de Colletet : « Il composa encore un poëme intitulé Proème... en faveur de la reyne Catherine, femme du roy Henri second. Quoique le nom de Grévin n'y soit pas, si est-ce que je sçay par tradition que c'est une véritable production de son esprit ». Entouré d'ennemis, prévoyant les tempêtes prochaines, Grévin cherchait l'abri du plus haut patronage. Il ne se nommait pas, soit qu'il ne pût, huguenot déterminé, dédier ses vers à sa souveraine, soit qu'on espérât piquer la curiosité de
dans ce Discours sur la paix de Cateau-Gambrésis. Après avoir dit : « D'une si belle paix je vais chanter merveille... », Ronsard commence ainsi :
Avant i*ingenieu8e ordonnance du monde, Le feu, l'air et la terre, et Tenfleure de Tonde Estoient en un monceau confusément enclos :
Monceau que du non» grec on nomme le cbaos....
(Ronsard, éd. P. El., VI, 218, v. 5-iO). 1. 404 vers.
celle-ci, et, en appelant son attention sur les mérites de la poésie, attirer sa bienveillance sur la personne du poète. Stratagème qui resta sans succès; Grévin se mit pour rien en frais d'adulation. On n'imprima sans doute qu'un petit nombre d'exemplaires du ProèmCy car il a toujours été rare*. De là le désaccord des bibliographes, dont plusieurs disent poëmej comme Maittaire ou Niceron, ou proesmey comme Goujet : « Il ne faut écrire, déclare la dernière édition de Brunet, ni poëmey comme on Ta fait dans la 4* édition du Manuel, ni proesmCy avec M. Renouard, qui, probablement, n'avait pas vu l'opuscule. » Non seulement M. Renouard avait vu le Proème, dont il a le tort, en effet, de transcrire inexactement le titre, mais il nous fournit à son sujet un curieux renseignement, après lequel aucun doute ne peut plus subsister relativement à l'auteur. M. Renouard a eu connaissance d'un exemplaire qui portait cette dédicace de la main de Grévin : Eruditiss. viro Doniino Danieli Rogero. D. D. Jaœbm Grevinus medicm Parmenm^. Il s'agit évidemment de l'humaniste anglais Daniel Rogers, appelé aussi du nom latin d'Âlbimontanus.
Le Proème appartient au genre allégorique. Les habitants du céleste séjour se préoccupent de ce qui se passe en France, et supplient le Seigneur de les en instruire. Il y consent : il commande aux anges, « ses fidèles sergens », de lui amener le Destin. Ce personnage mythologique nous paraîtrait mieux placé dans l'Olympe que dans le ciel, mais une confusion de cette nature ne choquait pas dans le siècle de Sannazar. D'une main, le Destin tient « un grand livre ouvert »; de l'autre, un miroir. Un des assistants s'avance pour y jeter les yeux : c'est Clovis, le premier roi chrétien. Il voit dans ce miroir les souverains qui se succédèrent sur le trône de France : les Louis, qui connurent des
i . Je n'en connais qu'un seul exemplaire, appartenant à H. le baron Henri de Rothscbild, qui a bien voulu m*en donner communication, et provenant de la bibliothèque de M. A.-F. Didot. Voir (Emile Picoi), Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu M. le baron James de Rothschild, n** 712, t, I, p. 493. Cf. Catalogue Didot, 1878, n* 282.