‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 131 sur 254 · Renouard, Annales de V Imprimerie desEstienne, p · texte numérisé non relu

Renouard, Annales de V Imprimerie desEstienne, p

forlunes diverses; les deux François, dont le dernier mourut « encor' tout enfant »; les deux Henri, « dont l'un fut victorieux el sage » ; les Charles, dont le nom rappelle l'invasion anglaise. Il y a bien quelque naïveté dans cette fiction. Que devient donc après leur mort l'âme des rois de France? Henri H, par exemple,

fut pour ses braves faicts Emporte dans le Gel par la main de la Paix*.

Alors, on n'a pas besoin du Destin. Lorsque Voltaire, dans la Henriadej transporte Henri IV au palais des Destins, et que saint Louis lui montre la suite de ses successeurs, l'intérêt de cette révélation vient de ce qu'elle est faite au roi de son vivant, et non, comme à Clovis, plusieurs siècles après sa mort. C'est une prophétie, non un cours d'histoire. A défaut d'une ressource de ce genre, Grévin, laissant le passé, insiste avec plus de bonheur sur le présent. Le miroii' s'obscurcit; « sous un voile il monstra les troubles de la France ». Clovis ne perçoit plus que la vision d'un navire

Qu'une saincte Déesse entreprend de conduire*.

Majestueuse sous ses voiles noirs, « haulte et droicte », ses enfants assis à ses pieds, Catherine dirige la nef mieux que ne ferait un pilote. Hélas! un présage funeste apparaît dans le ciel :

Un vautour lentement dedans Tair balançoit Son grand corps emplunié'....

La foudre atteint tout à coup ce « sépulchre volant », et aussitôt l'orage éclate. Par malheur, la discorde se déclare parmi l'équipage, dont partie veut aborder, et partie regagner le large. Vainement « la Déesse » tente de ramener l'ordre par ses

Page 1