Ibid., V
discours. Cependant le vent redouble ses efforts; les mâts se brisent, les cordages volent en morceaux, le navire se fend. Grévin, dans cette description, imite TArioste (tempête essuyée par Roger et les sept rois captifs*). Comme TArioste lui-même imite Ovide (naufrage de Ceyx'), on comprend que certains détails de l'amplification de Grévin se retrouvent à la fois chez le poète ancien et chez le poète moderne; par exemple, le désarroi des nautonniers dont les manœuvres se contrarient. Ovide :
Pars munire latiUy pan ventis vêla negare^.
L'Arioste :
Chi s*aflatica a sciorrc, e chi a legare*.
Grévin :
L*un donnoit pleine voile, et Tautre my-ouvcrte, Un autre Tabbatoit en prévoyant sa perte''.
Mais Grévin a traduit presque mot pour mot tel passage de l'Arioste qui diffère du passage correspondant dans l'épisode d'Ovide. Ovide avait dit :
Ip$a quoque hû agitur vicibm trachinia puppis, Et modo êublimis, veluti de verlice monti$, Despicere in voiles^ imutnque Acheronta videtur; Nunc, ubi demUsam curvum circunutetit œquor, Suspicei'e infemo summum de gurgite cœlum^.
L'Arioste donne à la même idée un tour un peu différent :
Veggon taivolta il mar venir tant' alto, Che par ch*arrivi insin al ciel superno :