l 35, V. 15-16. Cf. I, 60, v. 20à 5; I^ 4, V
CCS " lioules jumelles' ». De telles expressions onl du moins le mci'iii' de la clarté. Mais le pétrarquisme en arrive quelquefois à cm|>l<iM^r un langage de convention. Grévin, pour mieux jouir de l;i viii' il'Olympe, souhaiterait d'être changé en astre. De la sorte, dil-il. ne serais-je pas bien placé pour contempler son sein,
Veu que cliez mon Olimpe est le lict des esloilles*?
[.r li( ilos étoiles, c'est la gorge d'Olympe. Il faut le savoir. Poniiis (ir Th yard, en un cas semblable, usait de la même image. Cliatiii', liisait'il à son luth,
Chante le droit, cliantc le gauche l'oie, Chante le pur de lu voje iaclée'.
(jdiiirne Pétrarque, comme Ronsai-d (parlant de Cassandre*), tiiiMii mius a tracé un portrait complet de son amante. Olympe a ii'iiii ti-op de place dans sa vie et dans ses œuvres pour que je 110 i;ilr [las ce sonnet en entier :
Ce petit œil mignard, au dessous la voulure D'un sourcil brunissant, dont l'esclair radieux Resemhle le flambeau i[ui te preniitr aux cicui Brille UD rays argentin, miracle de nature^ :
Puis un beau front d'ivoiie, ou la belle closture D'une tresse dorée en replis tortueux Et annclets crespez' assemble ses cheveux.
Espars par cy par li d'inégale mesure :
■2. I, Kl. T. 14.
Z. I'iivusdeThiiUD, Le* OEurret poétiqtut. Piiris, 1&T5, p. 134. 4. II. -i-m, éd. P. Bl.. I, 12, t. «-I9. Cf. même é<\., I, 13-2-137 (imité d'Anaerùo») .1 IIlmï 1!euuu, éd. M.'L.. I, 360-261.
:>. i:r. Itonsnu), éd. p. Bl., I. 155, v. 52-55. U. Cf. RoiiSAWi,êd. P. Bl., I, 155, y. 8-1).
Une bouche, un corail, une rose, un œillet, Une lèvre, une freze, et un menton douillet, Ou nichent ces Meurtriers qui font pasmer mon âme;
Une joue d'albastre, ou un beau teinct vermeil Fait en s'entremeslant conune un petit soleil, Ce sont les premiers traicts des beautez de Madame
La description semble précise. Eh bien ! ne nous félicitons pas trop vite de connaître Olympe. Les maîtresses de ces poètes se ressemblent toutes, comme leurs sonnets. Pétrarque ayant donné à Laure des cheveux blonds et des sourcils bruns, les pétrarquisants ne chantèrent que cheveux « d'or » et sourcils « d'ébène » (expression invariable). Grévin vient de nous présenter une Olympe blonde'; un peu plus loin, il l'appellera « brunette' ». Même contradiction chez Ronsard. Elle ne doit pas nous étonner. Jodelle, dans un moment de dépit, a trahi un secret dont nous nous doutions bien un peu : l'obligation pour le poète de « dorer » les cheveux de son amie :
Combien de fois mes vers ont-ils doré . Ces cheveux noirs, dignes d'une Méduse*!
Amour chevaleresque et platonique, avec des accès de sensualité'*, ou plutôt amour très pur en apparence et par un besoin d'imitation, mais dont la chasteté de commande se trouve démentie à tout instant par l'âpre passion du langage; — amour malheureux et résigné, avec des lamentations et des désolations, et des retours à l'espérance au reçu de la moindre faveur*; — amour éternel dans ses effets, avec l'assurance d'un immortel