‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 143 sur 254 · Catulle, LXF · texte numérisé non relu

Catulle, LXF

Je mei la main à Tare, je pris à descocher, Et luy qui est un Dieu, pour mieux me despecher. Se transforma en tret, dont j*eu Famé percée ^

Pétrarquismc, humanisme, ces mots résument le ton général et le caractère commun de la poésie erotique de Ronsard à Desportes. J'ai hâte d'indiquer les traits particuliers de la poésie de Grévin, les différences propres par lesquelles il se distingue et se montre comme étant lui-même. Son originalité se manifeste de trois manières :

1"* 11 a lu l'Arioste et il s'en souvient. Nous savons que dans les Esbahis un personnage récite des stances du Roland furieux^. Dans VOlimpe^ une de ces stances fournit au poète la fin d'un sonnet. L'Arioste :

Ingiustissimo Amor, perché si raro Corrispondenti fai nostri disiri?

Onde, perfido, avvien che t*è si caro Il discorde voler che in due cor miri?

Ir non mi lasci ai facil guado e chiaro, E nel più cieco e maggior fondo tiri....

E chi m'ha in odio vuoi ch* adori e ami.

Grévin :

trop injuste Amour! cruel et infidelle.

Dont vient qu'ainsi tu fais discorder nos désirs? Pourquoy prens-tu à gré la discorde immortelle?

Dessus mon desplaisir tu dresses tes plaisirs. Tu me laisses languir en mon mal plus extrême, Et constamment aimer celle-là qui ne m*aime'.

Page 1