‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 144 sur 254 · V. 9-14. Cf. Ronsard, éd. P. Bl., I · texte numérisé non relu

V. 9-14. Cf. Ronsard, éd. P. Bl., I

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2. II, 148, 198, 199. Ce sont les stances 2 du eh. XXXY, et I et 2 du chant II.

La connaissance de rArîoste ne suffirait pas à donner à Grévin une place à part parmi ses contemporains. Ronsard, pour ne citer que lui, a fait plus d'un emprunt à l'Arioste*. Mais ce qu'il faut noter chez Grévin, c'est le motif tout pei'sonnel qu'il avait de s'intéresser à une épopée dont une héroïne s'appelait Olympe, soit qu'il ait trouvé, soit qu'il ait retrouvé là le nom qu'il donna à sa maîtresse. De ce fait, il se transforme en Birfene, l'amant d'Olympe dans le poème italien. Mais, plus constant que celui-ci, il ne tombe pas amoureux d'une autre femme, comme Birène le devint de la fille de Cimosque, et il n'a nul dessein d'abandonner celle dont il attend sa délivrance :

Ma belle Olympe, helas, venez pour secourir Yostre pauvre Birenne*....

Une autre fois, il se compare au paladin Roger, que les prestiges d'Atlant empêchent de poursuivre Angélique, et il regrette de n'avoir pas « le cor Astolphique » à sa disposition'. Une autre fois enfin, il déclare que s'il n'est pas devenu furieux comme Roland, il a tout au moins perdu la raison depuis que l'Amour lui a percé le cœur*.

2° Il n'oublie pas qu'il est protestant. Même, il met la théologie de Genève au service de sa passion. Il traduit en un sonnet le dogme calviniste de la prédestination. Après le Banquet et le Roland furieuXj VInstitntion chrétienne. Si Olympe ne se rendit pas, rien sans doute ne pouvait la fléchir. Du resle, l'idée, encore qu'un peu enveloppée, est jolie. Elle revient à ceci : aimez-moi, puisqueDieu vous a créée pour l'amour ;résiste-t-on au décretdivin?

Encor* que le Destin sainctement ordonné, Dont on ne peult changer Timmuable sentence, Ainsi qu*il est sorti de divine ordonnance, M*eust tousjours trébuché des le jour que fu né :

\. Voir PiÉRi. op. cil., p. 68.

2. n, 227, V. 1-11. Cf. Arioste, Roland furieux, ch. DC el X. 5. II, 253, V. 15-22. Cf. Arioste, Roland (mieux , ch. Xll, XXII. 4. Il, 236, V. 5-7. Cf. Arioste, Roland furieux, ch. XXXY, st. 1.

Touteffois son arrest ne m*a tant estonné, Qu*il aist aucunement esbranlé ma constance : Car tant plus il m*assault, tant plus ma résistance Empesche qu'on ne voit mon cueur désarçonné.

Par cela vous voyez, Olimpe, que la force De vostre serviteur se roidit et s'efforce Encontre le Destin et son intention.

11 vous est donc aisé donner ce qu'il demande, A sçavoir vostre cueur : car Amour le commande, Entent qu'il est desja sien en élection^.

Quant à lui, il trouve dans le dessein mystérieux de Dieu un motif de résignation à son sort :

... Je suis par fatale ordonnance Son amant destiné, je n'avoy la puissance De la prendre ou laisser, rejetter ou choisir'.

3"* Le dernier trait, le plus accusé peut-être, de la physionomie de Grévin considéré comme poète erotique, c'est la sincérité de son amour. Si désintéressée que semble la passion de Pétrarque, l'inspiration naît certainement chez lui d'un sentiment profond et véritable. Au contraire, les hommes de la Pléiade, imitateurs de Pétrarque, ne célèbrent que passions factices, ne chantent que transports affectés, ne font éclater que feintes douleurs. « Une loi fatale pèse sur eux et détermine le caractère de toutes leurs compositions; ils sont esclaves d'une imitation étroite, parce qu'ils chantent l'amour sans l'éprouver et que leur poésie élégiaque part du cerveau et non du cœur'. » De là les défauts par lesquels elle pèche : la froideur, l'affectation, la monotonie. Mais notre Grévin a réellement aimé et réellement souffert. En même temps que VOlimpe est un chapitre de ses œuvres, la cour qu'il faisait à Nicole est un épisode de sa vie. Et

i. I, 40, y. 1-14. Les mois Sien en élection sont imprimes en lettres capitales.

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