‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 145 sur 254 · Pliai, op, cit., p · texte numérisé non relu

Pliai, op, cit., p

parce qu'il a réellement aimé et souffert, parce qu'il a espéré et désespéré pour espérer encore, parce qu'il a cherché à rendre ces agitations de son âme, et non pas à se signaler par son adresse dans l'emploi de procédés connus, il en résulte que ses conGdences nous montreront un mérite qui manque à celles de tous les autres, à savoir le naturel, la vie et le mouvement. Et cela, même dans l'expression des idées les plus chères aux pélrarquistes. Imiter, il ne le peut pas; il faut qu'il se souvienne et qu'il raconte. Un détail, une circonstance particulière relèvera donc le lieu commun. Pétrarque bénit le jour où il a rencontré sa maîtresse : « Benedetto sia 1' giorno e' 1 mese e 1* anno.... » Ronsard aussi : « Bienheureux fut le jour où mon âme sujette*.. . ». Grévin chérit le jour où Nicole reçut pour la première fois ses aveux. Mais ce jour a existé et il se le rappelle :

J*auray en révérence et me sera chomable Le plus beau jour d'esté*....

Autre exemple : Laure par ses regards désarme Jupiter, c'està-dire fait cesser la tempête (voir le sonnet : « Ma poi che '1 dolce riso umile e piano... »). De même CassandreS et de même Olympe. Mais Grévin lui attribue cette influence dans un récit animé et précis : le poète et Olympe, échangeant de doux propos, ont été surpris par l'orage (sans que ce contretemps ait eu pour eux les mêmes conséquences que pour Énée et Didon),

Sur les replis courbez de la Seine ondoyante Vnsoir^...,

Reconnaissons donc à Grévin une supériorité certaine sur ses contemporains, sur tous, même sur Ronsard (avant les sonnets à Hélène). Au lieu de porter aux nues une amante idéale, ayant je ne sais quoi d'impersonnel, nous laissant « l'impression d'une

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