Ronsard, éd. P. 61.^ I, 310, ▼. S3 sqq
3. RoRSÂRD, éd. P. Bl., I, 83, v. 27-32. Cf. même éd., I, 26, v. 2^.
statue égyptienne, froide, droite, immobile* », il nous intéresse à cette maîtresse que nous voyons en quelque sorte marcher et vivre, soit qu'il la rencontre à la porte de son logis, tenant un bouquet à la main', soit qu'elle le reçoive dans son appartement, dont « la grandeur » sembleavoir intimidé le jeune écolier'^, soit qu'elle se promène toute joyeuse dans les bois voisins de Glermont*. Ce n'est pas qu'il cherchât de parti pris le relief et la couleur. 11 n'avait d'autre parti pris que son amour. VOlimpe contient un sonnet fort remarquable, qui servirait très bien de commentaire au précepte classique de Boileau : « C'est peu d'être poète, il faut être amoureux... ». Dans ce sonnet, Grévin fait en termes très nets le procès du pétrarquisme, condamné dans ce qu'il a de conventionnel et d'artificiel, et je ne sais pas s'il se rencontrerait dans tout le xvi" siècle un second exemple d'une critique qui nous semble aujourd'hui si raisonnable, et qui, à l'époque, pouvait paraître si hardie :
Jodelle, mes Sonets ne sont que simple prose, Que TAmour accourcit selon son bon advis, Et moy comme le feu qui esmeut mes esprits S*allume ou s*attiedit, la rythme j*en compose.
Cil quii feignant Tamour, en son esprit dispose De montrer par ses vers ce qu*il a bien appris, ÂfBn de s'acquérir du verd laurier le pris, Remasche les secrets de la Métamorphose :
Hais moy que TAmour tient des long temps prisonnier, Captif comme un forçaire au joug de son collier. Je n*escry la grandeur, mais le mal qui me blesse ;
Et je n'estime pas un homme estre amoureux Qui farde affecteement ses beaux vers orgueilleux, Entant qu'il ne le peult pensant à sa Maistresse^,