‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 151 sur 254 · II, 291, V · texte numérisé non relu

II, 291, V

obscurité aujourd'hui impénétrable. Les deux Épîtres* par lesquelles Grévin dédie les deux parties de sa Gélodacrye à Gérard TEsouyer, protonotaire de Boulin, à qui il avait déjà présenté rO/mpe dans une Épîtreen prose, montrent que celui-ci était un personnage d'importance. La hardiesse de Tauteur avait besoin de protection. En tête de la seconde partie, nous ne nous étonnerons pas de rencontrer Tapprobation de Florent Chrestien, exprimée en huit vers grecs dans lesquels le fidèle ami et coreligionnaire rappelle les noms de Démocrile et d'Heraclite, commentaire spirituel du titre de Gélodacryey déjà fourni par Grévin

lui-même :

Je veux Entreprendre tout seul les ouvrages de deux, Ore de Democrite et ore d'Heraclite* ;

et, au fond, commentaire plus spirituel que juste, si on rapplique, non au titre de l'ouvrage, mais à la philosophie de l'auteur, car si la Gélodacrye nous montre le poète pleurant sur les autres et sur lui-même, nous ne le voyons pas beaucoup rire, quoi qu'il en dise'. Gomment aurait-il envie de rire, le sermonnaire qui ne peut faire entendre « à la France » qu'une partie seulement des griefs dont son cœur de protestant déborde ?

Hais je redoute trop : baste, je feray tant, Que la France en pourra entendre une partie*.

Cette littérature de combat a-t-elle rebuté le sage Colletet, qui évite de porter sur la Gélodacrye un jugement personnel? I^e seul critique qui ait parlé de cette œuvre étrange et un peu rébarbative est un critique moderne. Dans son histoire de la Satire en France^ M. Lenient lui consacre dédaigneusement ces quelques lignes : « La Gélodacrye n'est au fond qu'une œuvre

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