Molière, U École des femmes ^ HI
Naiades, qui hantez les humides rivages De la rivière d*Oyse, et qui souventeffois Sur les replis de Brèche, au son de voslre voix, Carollez à pleins saults sous les espez feuillages,
Vous veistes mon Olimpe, et de vos beaux ombrages» Esleus entre les bras des plus verdoyants bois, Vous lui feistes présent le premier jour du mois Qui donne libéral les vins et les fruictages.
Du moins la veistes vous, et pouvez maintenant Juger si c*est en vain que je plains mon tourmant Et si je suis heureux d*avoir telle Maistresse^...
Le mariage ne se fit pas. J'ignore pourquoi on lit généralement dans les biographes que Grévin fut refusé. Rien ne défend de penser qu'il ait opéré une retraite volontaire. Tout ce que nous savons avec certitude, c'est que chacun des deux jeunes gens se pourvut ailleurs. Grévin, nous le verrons, était marié quand il mourut. A quelle époque prit-il femme? Mystère. Nous le trouvons marié dès 1568, voilà tout. Quant à Nicole Estienne, elle épousa un médecin dijonnais, appelé Jean Liébaull. M. Renouard, l'historiographe de la famille des Estienne, pense que ce mariage se conclut avant l'année 1561. Mais son hypothèse ne repose pas sur des raisons bien décisives*. Jean Liébault a laissé divers ouvrages de médecine et quelque réputation '. 11 a notamment publié, avec des augmentations, la traduction française que Charles Estienne avait faite de son Prxdium rusticum. Nicole écrivit aussi. Elle était fort instruite. « C'est, déclare un contemporain, une Dame bien accomplie tant en gaillardise d'esprit que grâce de bien dire, à ce que j'en ai vu, devisant une fois avec elle »*. Ce qui nous reste d'elle ne dément pas cette opinion. C'est une pièce de vers intitulée : Les Misères de la Femme