Ibid.,loc. cit. Cf. Ibid., fol. 85 V
Dauphin et le Chant de joie sur la paix de 1559. Seul, le Chant de joie se retrouve dans VOlimpe. D'où vienl l'absence des trois autres poèmes? Je ne sais pourquoi Grévin ne croyait pas devoir reproduire cet Hymne au Dauphin^ si rempli de traits poétiques, si touffu, pour ainsi parler, et de plus, régulièrement rimé. Quant aux Regretz et à la Description^ leur exclusion venait tout simplement de ce que, dans ces premiers essais, l'auteur ne s'était pas encore plié à cette règle, inaugurée par Marot sous certaines distinctions et pour certains genres, imposée par Ronsard sans distinction ni réserve, subie d'abord avec quelque répugnance par Du Bellay, qui redoutait en cette matière un excès « superstitieux' », plus tard acceptée plus ou moins docilement par lui et par tous les autres, et qui finit par devenir une loi fondamentale et incontestée de la poésie française : l'alternance des rimes masculines et féminines.
C'est pour la même raison que parmi les diverses poésies imprimées à la suite de la Description du BeauvoisiSj les trois sonnets décasyllabes A Monsieur Philippes d'Warty seront dédaignés par l'auteur loi-squ'il réunira ses vers pour en composer le volume de VOlimpCj tandis que dans ce volume prendront rang les trois odes A Madame d'Warty^ A Jaques Grévin et A Antoyne de Talon. Dans les sonnets de VOlimpe, comme dans ceux de la Gélodac)*yej Grévin entre-croise, sans se permettre à cet égard une seule licence, les rimes des deux genres. J'ai parlé tout à l'heure de la résistance de J. Du Bellay à la loi d'alternance dans les commencements, et de sa conversion relative par la suite. Dans VOlive (1549), les rimes sont confondues; dans les Regrets (1558), elles sont alternées, sauf dans 14 sonnets (sur 183)*. Évidemment, Du Bellay en tenait pour la nouvelle c< religion », comme il disait, plus qu'il ne voulait en convenir. Mais enfin il n'en pratiquait pas l'observance d'une façon
1. Du Bellay, Deffence et Illustration,,,,, U, 9; éd. M.-L., I, 52. Cf. même éd., I,
2. Les sonnets 26, 57, 86, 90, 91, 124, 132, 135,140, 151, 152, 163, 168, 170.
I ;iIjsdIuc. Si l'on trouve dans les Hegretspcu d'eicoplionsau prin-
\ cific d'alternance, encore esl-il qu'on en trouve. Dans les souncls
• li> Ronsard ou n'en trouverait pas. Dans ceux de Grévin non plus. J'iii donc le droit de signaler une supériorité de VOlimpe sur VOiive, el même sur les Regrets, en ce qui concerne celle quesliuii, si secondaire qu'on la veuille estimer, de versiGcation et de Inclure.
Dans les petites pièces de VOlimpe el dans les Jeux olmpiquei, (irévin s'alTrancliit de l'obligation d'alterner les rimes. Au contraire, il s'y astreint très exactement dans les Élégies.
Dans les Odes, il observe la distinction des rimes. Toutefois il lonvienl de faire à ce sujet deus remarques : 1° il n'alterne les rimes, dans ses odes, que pour une strophe donnée, considérée xMile et isolément ; il ne s'interdit pas, par exemple, de comjticncer une strophe par un vers à rime masculine, alors que la slrophe précédente finissait elle-même par un vers à rime mas- I l'iiline; 2° tandis que l'alternance se produit, dans les Sonnets et
1rs Élégies, sans la moindre défaillance, Grévin se permet des lircnces à cet égai-d dans certaines Odes. On n'en trouve pas dans Ir^ odes 1, II, IV, Vlll, IX, XI, ni dans les odes du second volume. Les odes 111, V, VI, VII et X eu contiennent quelques-unes, en nombre assez restreint d'ailleure'.
Quant à la tragédie, esl-il besoin de rappeler la nécessité im{>é- ] ieuse, selon Grévin, de n'y employer que les vers « inlercahiiies », comme les appelait JodcUe'? Sans vers intercalaires, pas iK: tragédie aux yeux de Grévin. Nous savons qu'il a prôcbé ilesemple dans Cémr. Si l'on y a relevé quelques dérogations au princii», ce ne sont que des négligences. « l^s rimes masculines il féminines, dit M. Gollischonn, alternent régulièrcmenl. Gettc ivgle n'est enfreinte par le poète qu'en cinq endroits. En
1. (. 1*6, T. lft-20; 147, v. -25-21; li8. t. 14-15; 149, t. 9-10; 153. t. 34-25) i:.4, y. 4-5; 155. t. 12-15; 162. t. 21-22; 164. ». 20-21; 184. ï. 12-13.