‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 177 sur 254 · Il, 14, V · texte numérisé non relu

Il, 14, V

*2. Il, 41. V. 12-17.

Dans les comédies, nous savons que Grévin ne se soumet pas à l'emploi des rimes alternées. Â signaler une hardiesse que le théâtre régulier n'a pas admise : à deux reprises, Grévin fait rimer le dernier vers d'un acte avec le premier vers de l'acte suivant*. Comme pour Cé$ar^ une addition de l'exemplaire d'Anvers donne à un vers des Esbahù la rime qui lui manquait *.

La Pastorale est écrite en vers à rimes alternatives. Quatre vers à rime masculine consécutifs :

Ja son petit troupeau s^estoit mis dans un pré, Ou marchant pas à pas il avoit rencontré Les chèvres de CoUin, qui aussi tout resvant Des le bout du valon lui venoit au devant',

subissaient, dans l'exemplaire d'Anvers, la modification suivante : Grévin supprimait les trois premiers vers et les remplaçait par un vers unique, rimant avec le quatrième :

Mais comme il iamuioit^ Colin morne et resvant Des le bout du valon..., etc.

D'autre part, l'exemplaire d'Anvers laissait subsister par mégarde quatre vers à rime féminine consécutifs*.

En résumé, si nous ne tenons pas compte de ces légères imperfections, qui proviennent de la rapidité avec laquelle l'auteur produisait, et si nous remarquons, en dehors des deux recueils de 1560 et 1561-62, que l'ordre des rimes masculines et féminines est observé dans ÏHymne au Dauphin^ dans le Chant du Cigne^ dans la Response aux calomni^s^ dans le Proème et dans la traduction des poèmes de Nicandre, nous arri-

i. n, 77, T. 26, et 78, v. 1 ; 103, v. 9-10.

â. n, 172, V. 6. Voir plus loin les Variantes d'Anvers.

verons finalement à celte conclusion : Grévin alterne les rimes toutes les fois qu*il emploie l'alexandrin; avec un autre mètre, il ne se soumet pas à ralternance, ou il prend avec elle des libertés plus ou moins grandes.

IL Métrique. — Rien à dire ni de l'alexandrin à rimes plates, adopté par Grévin pour divers poèmes et pour sa tragédie, ni du vers de huit syllabes, agile et souple, varié de plus par lu facilité des enjambements, de la Trésorière et des Esbahis. Ijà prosodie des Sonnets et des Odes doit nous arrêter quelques instants.

A. Sonnets. — Contrairement aux sonnets de ces Amours de Cassandre^ dont nous avons vu que VOUmpe se rapproche par un certain fonds commun d'idées et de sentiments, contrairement, dis-je, à ces premiers sonnets de Ronsard, tous décasyllabes (sauf un), les sonnets de Grévin sont tous écrits en alexandrins, à l'exception de huit sonnets décasyllabes, savoir : l"* trois dans YOlimpe^ ; 2'' un dans la Gélodacrye^; 3" les trois sonnets A Moïisieur Philippes d'Warty^ insérés dans le {)etit recueil : Les Regretz de Charles d*Austriche;... 4° un sonnet composé par Grévin en l'honneur de Charles d'Espinay, morceau qu'on ne trouve qu'en léte des Sonnets amoureux de celui-ci.

On sait quelle est la forme du sonnet dans Ronsard. Les deux quatrains présentent la même disposition de rimes que dans Pétrarque, le premier vers rimant avec le quatrième, les deux vers intermédiaires rimant entre eux, et le second quatrain reproduisant constamment les mêmes rimes. Mais, chose curieuse, Ronsard a adopté et fait piévaloir pour les tercets une combinaison qui diffère de celle qui a eu presijue toujours les préférences de Pétrarque. Chez le poêle italien, le premier vei's rime

1. II, 224 : Yieo, Jour heureux, fan de Tune et Tautre aellc...; Il, 259 : L*csprit di?in, dont Timmortelle essence... ; 11, 240 : Sa flame est morte, et la mienne a pris tie.... (Ces deux sonnets se font suite.)

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