Ronsard, éd. P. Bl., VU
Afin de plaire au calvinisme (Je vouloy dire à ratheïsme), D*injurier par ses brocards Mon nom, cogneu de toutes parts, Et dont il faisoit tant d'estime Par son discours et par sa rime.
Les ingrats je ne puis aimer.
Et toy, que je veux bien nommer, Beau Chrestien, qui fais Thabile homme, Pour te prendre au pape de Rome Et à toute Tantiquité, Cesse ton langage effronté.
Sans blasmer, en blasmant TEglise, Que le bon Jésus auctorise, Ceux qui t*aymoient, et plus cent fois Yrayment que tu ne meritois.
Vous n avez les testes bien faites :
Vous estes deux nouveaux poètes.
Taisez-vous, ou comme il faudra Mon cuisinier vous respondra^...
Cela, dit CoUetet, s'appelle cacher et descouvrir un homme enmesme temps, puisqu'il n'oste le nom de Grévin de ses œuvres que pour l'y remettre plus avant.... » N'en déplaise à Colletet, la vengeance de Ronsard constituait bien un acte de ressentiment effectif et une véritable mesure d'exécution. Dans le sonnet ce A Phébus, mon Grevin.... », Ronsard remplaça le nom de Grévin par celui de Patouillet*. Il dédia à uh nommé Grujet une ode précède m n[ient dédiée à Grévin : « Vous faisant de mon escriture'.... » Enfin il retrancha purement et simplement des éditions ultérieures de ses œuvres le Discoun à Jaques Grevin^ plein d'appréciations si flatteuses pour notre poêle. Florent Chrestien pourra rentrer en grâce. Mais Grévin était mort quand parut