Ronsard, éd. P. Bl., II, 418, note
l'ode. « J'osteGrevindcmesescris.... » (1572)elsa condamnation restera sans appel.
En somme, ce fut la mémoire de J. Du Bellay qui profita de la guerre faite par les calvinistes à Ronsard. Pour rabaisser celuici, on exalta celui-là, tactique que facilitait la haute valeur du poète angevin. Dans 1* « Epistre à Jaques Grevin » qui précède le Second Discours sur V Antimoine ^Florent Chrestien exaltait
L*excellent Du Bellay, homme presque divin, Premier poëte en France....
Et Grévin lui-même, amené à parler de Joachim dans ce môme DiscourSy l'appelait « le prince des poètes », comme si Ronsard n'eût jamais existé*. 11 faut ajouter qu'antérieurement à la ruj)ture de Ronsard et de Grévin, il exista entre Grévin et Du Bellay un commerce littéraire et amical dans lequel n'intervenait aucun autre sentiment qu'une réciproque estime. A diverses reprises, notre poète clermontois avait fait à l'auteur de YOlive la confidence de ses tourments amoureux'. Chagrin, découragé, affligé d'infirmités précoces, Du Bellay avait adressé à Grévin un sonnet « beau et louchant », dit avec raison M. Marty-Laveaux', dans lequel il comparait, sans aigreur ni jalousie, sa vieillesse trop tôt venue à la jeunesse féconde et inspirée de Grévin*. Le 1*"' janvier 1560, Du Bellay mourut. Grévin dut éprouver un chagrin sincère. Il eut soin de faire figurer le sonnet de Joachim dans les liminaires de VOlimpe, qui parut peu de temps après, et il pleura la mort de son illustre ami dans l'Ode XI : Pour le Tombeau de