Du Bellay, éd. M.-L., U, 530, v
Joachim du Bellay. A Charles Utenhove Gantois. Cette sorte d'oraison funèbre en vers montre plus de noblesse dans sa brièveté que le Chant pastoral sur la Mort de Joachim du Bellay Angeoin, publié par Remy Belleau cette même année 1560, et coupé plus tard par lui en deux parties, placées, Tune dans la première journée de la Bergerie^ l'autre dans la seconde journée'. Grévin célèbre l'immortalité promise aux poètes. Les édifices construits par les empereurs romains tombent en poussière : la pensée du poète ne périt pas, et
... La mort, qui, comme Teau
Ne tenant aucune trace
Du basteau qui dessus passe
Ou du plomb au fonds jette,
Fait que la postérité
Ne peult après recognoisU'e
Qui fut jadis son ancestre',
la mort respecte les ouvrages de l'esprit. Grévin décrit ensuite le Tombeau qu'il veut élever en l'honneur de Joachim. Au sommet du monument, il place un cygne
qui s*esgaye Voyant sa céleste voye, Et qui jà semble imiter Celuy la que Jupiter Meit dans la plaine estoilce Tesmoin d'une Violée*.
11 faut savoir que ce dernier mot fait allusion aux amours de Joachim. Ménage, qui cite ce passage de Grévin (remarquons, vu la rareté du fait, cette mention de Grévin par un auteur du xvn* siècle), ajoute aussitôt ce commentaire. « Cette Violée, qui dans le sens du Poêle est Léda, dont Jupiter, sous la forme d'un
i. Belleau, éd. M.-L., I, 295-297.