‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 22 sur 254 · Râcire, Esther, I · texte numérisé non relu

Râcire, Esther, I

En cent ans et plus, la langue française a acquis ce qui lui manquait au temps de Ronsard : la précision, la force et la mesure.

Quand il écrivait le Chant du Cigne, Grévin s'attendait à faire en Angleterre une « longue demourance* ». Nous le retrouvons en France très peu de temps après. Il avait de solides appuis et sa gloire naissante le protégeait.

Il était certainement revenu à Paris le 16 février 1560 (ancien style, c'est-à-dire 1561), jour où on donna au collège de Beauvais une représentation de César et des Esbahis. Il faut que je m'explique au sujet de la date de ce spectacle. Quand il publia son ThéâtrCj Grévin fît précéder les Esbahis de la mention suivante : <c Geste comédie fut mise en jeu au collège de Beauvais à Paris, le xvi. jour de février MDLX. après la Tragédie de J. César et les jeux satiriques appelez communéement les Veaux*. » A prendre cette indication à la lettre, on croirait (et tous les biographes l'ont cru, sauf peut-être Du Verdier, qui s'exprime sur ce point d'une façon amphibologique), que César et les Esbahis ont vu le jour pour la première fois le 16 février 1560. J'ai dit plus haut qu'en réalité ces pièces furent données en 1558, après la Trésorière, et jouées de nouveau, après la Pastorale, dans le courant de 1 560 , par conséquent avant celte date du 1 6 février 1 560, puisque février 1560, ancien style, signifie 1561. J'ai invoqué un témoignage qui jouit en cette matière d'une autorité toute particulière : le Journal chronologique du Théâtre françois. Ce Journal est un manuscrit anonyme très intéressant, fait au xvm" siècle par Charles deFieux, chevalier de Mouhy (ce qu'établit une note de la main de BeiTara, placée au-devant du premier volume). Mouhy n'indique pas ses sources; mais il a dû tra-

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