‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 225 sur 254 · Cf. Du Bellay, éd. M.-L., II, 169, v · texte numérisé non relu

Cf. Du Bellay, éd. M.-L., II, 169, v

Puisque Rommc n'est rien, le vers que je compose Ne peut représenter à vos yeux autre chose Que ce rien descendu d*un grand tout ancien ;

Et toutesfois ce rien ù qui bien le contemple Monstre soudainement un merveilleus exemple, Que la grandeur plus grande en fin ne sera rien.

Je portois le portrait de ceste grand*cilé, Haitresse de l'Europe, et d'Afrique et d'Asie, Qui tenant des liumains la puissance saisie.

Fit de tout l'univers une principauté.

Ce portrait fut semblable à son antiquité, Tel que me le montra mainte histoire choisie. Et si bien fut tiré dedans ma fantaisie.

Que soudain j*eus désir d'en voir la vérité.

Je passai l'Apennin, je vis Romme déserte, Ains je vis seulement une ruine aperte.

Qui me saisit d'ennui, de douleur et de dueil.

Car Romme n'est plus Romme ^ et de ceste grand' Romme Ne reste que le nom en la bouche de l'homme, L'image dans l'esprit, et le regret en l'œuil.

lY

Arrivé dedans Romme, en Romme je cherchois* Romme qui fut jadis la merveille du monde :

Ne voiant ceste Romme à nuU' aultrc seconde, r/avoir perdu mes pas honteus je me faschois.

Du matin jusqu'au soir, ça et là je marchois. Ores au Colisce, et or' à la Rotonde, Ores monté bien haut, regardant à la ronde.

De voir ceste grand' Romme en Romme je taschois.

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