‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 28 sur 254 · Second Discours sur rAntitnoiîiet p · texte numérisé non relu

Second Discours sur rAntitnoiîiet p

2. Commentaires mss. de la Faculté de médecine, fol. 79 ¥•; 93; 114 ?! (c'est la signature que nous reproduisons en fac-similé) ; 141 v**. — Baron {Compendiaria medicorum parisiensium notitia.., s. L, 1752; p. 11, col. 1) commet une erreur en attribuant le doctorat de Grévin au décanat qui expire en novembre 1562. Il n*a pa9 pris garde que mars i562 signifie, en style nouveau, mars 1563. Aussi est-ce en novembre 1563 que pous trouvons pour la première fois Grévin au nombre des docteurs régents qui approuvent les comptes de gestion du doyen sortant.

Libre du souci des études, il va donner carrière à l'aclivilé de son esprit. Des ouvrages de médecine, des productions littéraires, trois polémiques, soit littéraires, soit médicales, voilà de quoi remplir les années i563 à 1567.

Ronsard venait de lancer à la tête du parti calviniste son âpre et véhémente philippique, le Discoun des mhères de ce temps. Il avait voulu, dit Binet, c< armer les muses au secours de la France ». De fait, on vit se déchaîner la guerre civile dans la poésie. 1/attaque avait été rude : la défense fut violente. Florent Chrestien, qui y joua un rôle actif, engagea Grévin dans sa querelle. Sous le couvert de l'anonyme, Grévin prit une part plus ou moins grande, mais non douteuse, à ces pamphlets où Ronsard n'était pas seulement attaqué dans ses opinions et dans ses écrits, mais bafoué et déchiré dans- sa vie et dans sa personne. La veille encore, Grévin se montrait le disciple déférant de Ronsard. L'amitié de Florent Chrestien fit de lui un homme de parti, et il rompit avec son maître sans retour et d'ailleurs sans raison, à moins que ce ne fût» comme l'écrit sévèrement Colletet, peu enclin cependant à la malveillance, u pour establir sa réputation naissante sur les ruines d'un autre ».

La lutte qu'il soutint contre son compatriote le médecin Charpentier tenait à des causes toutes personnelles et assez obscures. La question religieuse n'y resta sans doute pas étrangère. Nous devons à cette dispute un libelle en latin et un petit poème anonyme, la Response aux calomnies ...(1564). Grévin ne mesura pas ses coups : Charpentier se sentit cruellement atteint. Mais le médecin n'était pas homme à se contenter, comme le grand poète, d'un cliquetis de sarcasmes et d'une hautaine réprobation. La satire de Grévin put mériter les suffrages de Florent Chrestien. L'auteur put mettre les rieurs de son côté.

Son adversaire avait du crédit; il allait devenir puissant : le pousser à bout était une imprudence dont l'avenir jnontrera les effets.

En 1565, Grévin publia son premier ouvrage de médecine- Ce sont des notes sur Yésale, sous le titre : Ânatomes totim xre insculpta delineatio.... L'éditeur s'appelait André Wéchel- Plus ou moins, tous ces libraires montrèrent de l'attachement aux principes de la Réforme: Wéchel, après la Saint-Barthélémy, n'eut que le temps de s'enfuir et de se réfugier en Allemagne.

En 1566, commencement de la troisième polémique. Cette fois, la querelle est toute médicale. Un médecin de La Rochelle, nommé Louis de Launay, avait émis, au sujet des vertus curatives de l'antimoine, certaines idées qui ne plurent pas à Grévin. Celui-ci donna son Discours sur les vertus et facultez de l'Antimoine.... Avec sa fougue habituelle, il prend parti contre le remède minéral, cher à Paracelse; il se signale ainsi dans les premières escarmouches de cette nouvelle guerre de cent ans qui va diviser les médecins depuis l'arrêt du parlement de 1566 jusqu'à celui de 1666. Grévin dédiait cet écrit à « Monsieur de Carnavalet, chevalier de l'ordre du Roy et gouverneur de Monsieur ». François de Carnavalet, ou plutôt de Kernovenoy, choisi par Henri II pour être gouverneur de son fils le duc d'Anjou, depuis Henri UL a laissé le souvenir d'un homme instruit, plein de prudence et de sagesse; on n'a jamais parlé de lui qu'en bien. L'épître dédicaloire de Grévin est datée « de Paris, ce premier jour de janvier 1566 ».

Le Proème sur Vhistoire des François et Hommes vertueux de la maison de Medici^ opuscule en vers que Grévin publia sans le signer, et que Robert Estienne dédia, sans nommer l'auteur, à la Reine-mère, le premier janvier 1567, prouve que notre médecin n'avait pas oublié la poésie. S'il ne la faisait plus servir à ses rancunes personnelles, il essayait de la faire servir à ses intérêts^ par la recherche de protections puissantes. Il trouva ensuite le temps de traduire un volumineux traité, écrit en latin par un

professeur allemand. Cette traduction intitulée : Cinq Livres de V Imposture et tromperie des Diables... fut « parachevée d'imprimer le pénultième jour du mois d'avril 1567 ». Par une épître datée du 12 avril, Grévin dédia son ouvrage « à treshaut et Irespuissant Prince, Monseigneur le duc d'Anjou... Frère du Roy ». Ce n'est pas par M. de Carnavalet qu'il avait approché le futur roi de France. Il connaissait son médecin, appelé Milet ou Millet, qu'il avait eu pour président à ses actes de doctorat, ce M'estant trouvé quelqueffois, dit-il, en devis avec Monsieur Milet vostre médecin, comme il est studieux et diligent recercheur de choses naturelles, nous entrâmes en propos et discourasmes long temps des enchantements et sorcelleries.... »

Cependant Launay avait eu l'idée, fâcheuse pour lui, de répliquer au Discours sur VAntimoine. Le ton de sa réplique était discourtois, et il donnait l'exemple d'une discussion dégénérant en attaques personnelles. C'était offrir le combat à qui ne demandait qu'à se battre. Grévin lança le Second Discours sur V Antimoine. Colletety qui rappelle avec raison sur ce sujet les démêlés de J. Du Bellay avec le médecin Louis Le Roy, dit Regius', ajoute que « les responses de Grévin semèrent la confusion sur le front de son adversaire ». Il faut lire un factum comme le Second Discours sur l'Antimoine pour se faire une idée de ce qu'était la polémique au xvi' siècle, et des armes que lui fournissait le vieux langage, avec « son je ne sais quoi de naïf, de hardi, de vif et de passionné' ».

Grévin dédia le second Discours, comme le premier, à M. de Carnavalet. Je note la date de la dédicsice : « De Paris, ce xxv. aoust 1567 ». C'est le dernier jour où nous trouvions Grévin à Paris. Le 27 novembre 1567, a lieu, suivant Tusage, la réunion des docteurs régents de la Faculté. Pour la première fois depuis son admission au doctorat, la signature de Grévin ne figure pas

i. Voir H. BicuR, Un Humanitte au x?i* siècle. Loys Le Roy de Coutanceê Palis, 1897, p. 18 sqq.

S. FfoKLOi, Lettre à r Académie françaiee.

parmi celles de ses collègues. Que cette nouvelle absence soit ou non entièrement volontaire, il a encore une fois quitté la France : il habite Anvers.-

^ Depuis quelques années déjà, l'occasion s'était présentée pour

lui, j'ignore dans quelles circonstances, d'entrer en rapport avec un homme qui connut la plupart des écrivains réputés et des savants de son époque, !'« architypographe » des Pays-Bas, Christophe Planiin. L'histoire de leurs relations est curieuse. )is' Elle nous fait connaître un petit travail dû à la plume de Grévin,

production qui a passé jusqu'à présent inaperçue et dont il faut que je raconte en quelques mots l'origine.

En 1567, l'officine anversoise imprimait un volume intitulé : La première et la seconde partie des dialogues françois, pour les jeunes en fans,., (suit une traduction flamande de ce titre). Les ouvrages en forme de dialogue étaient une mode de l'époque à laquelle Erasme avait sacrifié avec ses Colloques. En 1548, Plantin avait édité les Colloquespour apprendre françois et flameng^ de Gabriel Meurier. Celle fois, il s'agissait de donner aux pays de langue flamande un livre qui répandit la connaissance du français parmi les enfants des écoles. Est-ce cette destination, peu propice à la conservation d'un ouvrage, qui amena la rapide •disparition de celui-ci? Aucun bibliographe ne Ta cité. M. Max Rooses, le savant conservateur du Musée Plantin-Moretus, à Anvers, n'en connaît que deux exemplaires, qui appartiennent tous deux à. son Musée.

; Des poésies liminaires précèdent les Dialogues, C'est Plantin qui parle. Il nous donne sur lui-même des détails très précis, qui oflVent le plus grand intérêt pour sa biographie. Il nous apprend à la suite de quel accident il dut quitter son premier métier de relieur pour celui d'imprimeur. Il s'excuse de n'avoir pas encore

fait paraître le dictionnaire français-flamand-latin qu'il avait promis : les événements l'ont empêché de tenir cette promesse (le The$aurus theutonkx Lingue ne verra le jour qu'en 1573). Il publie les Dialogues pour se faire pardonner ce retard. Ainsi, pour qui prend connaissance de ces vers, le doute ne saurait naître : les Dialogws sont l'œuvre de Plan tin.

Eh bien! on commettrait une erreur en le croyant. Plantin, à part ses autres mérites, était un bon commerçant (M. Renouant, injuste selon nous, ne lui reconnaît même pas d'autre mérite). Or un bon commerçant vit avec des confidents auxquels il ne cache rien, même de ce qui peut intéresser sou amour-propre d'auteur : ce sont ses livres de commerce. Le Musée Plantin, à Anvers, possède, conservés dans un état d'inté(^rité parfaite, tous les livres de commerce de l'imprimerie plantinienne : documents d'une inestimable valeur, pleins des détails les plus intéressant$ pour l'histoire littéraire du temps. M. Max Rooses a bien voulu me communiquer ces vénérables reliques. Et voici ce que j'y ai trouvé. Je prends le Journal des Afaires pour l'année 1565. Plantin a écrit de sa main cette mention : ce Le dernier juin par rapport ici. Les colloques du langage françois, débiteur à Cassq (c'est-à-dire à la Caisse). J'ay reçu p[ar] compte de mon frère M. Pierre Porret qu'il a payé à M" Jaques Grevin, à bon compte sur les colloques qu'il fait du langage françois : 5 fl. L. 16.8 (c'est-à-dire 5 florins qui font, en Livres de gros, 16 sous, 8 deniers)*. » Pierre Porret, l'ami d'enfance de Plantin, que celui-^ci, durajit toute sa vie, appela son frère, était l'intermédiaire ordinaire de l'officine anversoise pour les nombreuses aflaireâ que celle-ci avait à traiter en France. Voici maintenant ce que Plantin écrit sur le Grand Livre des Afaires^ qui naturellement, comme tout Grand-Livre, contient le relevé du Livre-journal dans un ordre méthodique : «Colloques duLangaige françois. Le premier de juin 1565. Pour autant de payer à bon compte à M. Jaques Grevin, à bon coynpte des colloques qu'il faict : L. s. 16. d; 8

\ . Le Journal des Afaires, Registre IH , fol. 31 t*.

[ (c'est-à-dire : en Livres de gros, 16 sous, 8 deniers)*, » Ce n'est

• pas tout. Voici un troisième manuscrit, le Libro de la Stampa^ : , tenu, comme c'était beaucoup l'usage alors, par un comptable

y italien, qui, dans ses écritures, entremêle l'italien au français :

^i « MDLXV. Colloques françoys. Dievo dare aujourdhui, 4 juillet,

^- à Christophe Plantin : L s. 16.8., avance à bon compte à

M* Jaques Grevin' ». Ainsi, on paye à Grévin une somme d'argent à bon compte sur le$ colloques qu'il fait. Voilà une preuve convaincante et décisive : les Dialogues sont de Jacques Grévin.

Pourquoi Plantin eut-il celte faiblesse de vouloir se parer du travail d'un autre? Je n'en sais rien, et peu importe. Son nom reste assez glorieux pour n'avoir pas à souffrir des indiscrétions tardives que j'arrache à sa comptabilité. Il était Français; il n'eût pas eu de peine à écrire des dialogues dans sa langue (nous allons même en trouver, dans le nombre, qu'on doit lui attribuer). Mais son style, à le juger par ce que nous connaissons de sa correspondance, eût manqué de la verve pittoresque qui anime celui de Grévin. Il ne faut pas chercher dans ces Dialogues françois la satire pénétrante qui se cache sous le latin spirituel des Colloques d'Erasme. Tels qu'ils sont, ils présentent des détails de mœurs intéressants. Je n'aurai pas à revenir sur cet opuscule ignoré; qu'on me permette d'introduire ici une digression et de tracer une rapide analyse de ces Dialogues.

Et d'abord les poésies liminaires '. Dirai-je toute ma pensée? Je crois que celles-ci sont elles-mêmes l'œuvre de Grévin. Plantin écrivain a perdu ma confiance. Je me méfie de la muse de cet imprimeur qui n'a encore produit que quelques vers insignifiants, et qui se met à en écrire (et à en écrire de bons) dès qu'il a fait la connaissance de notre poète. La première de ces poésies est

i Le Grand Livre des Âfaires, Registre IV, fol. 94 v*. Suit un compte de ce qu*a coûté l'impression et cette iodicatiou que Touvrage a été tiré ï 1 500 exemplaires.

S. Le Libro de la Stampa, Registre T, fui. 69.

5. Elles ont été réimprimées récemment dans une brochure tirée i petit nombre : Les lUmes de Christophe Plantin publiées par Max Rooses, Conservateur du Musée Plantin-Moretus, Lisbonne, 1890.

adressée c< Aux excellens et magnifiques signeurs (sic) Messigneurs les bourghemaislres, eschevins, et prudent Sénat de la très renommée ville d'Anvers » (180 vers). Dès le début, nous reconnaissons la facture de Grévin, ses tournures, ses rejets, ses comparaisons lentement déduites :

Comme ud bon métayer, qui auroit afermë Quelque champ labourable, et là dedans semé Divers pépins et grains, et fait sa diligence De le faire valoir, pour en cueillir Taisance De contenter son maistre, et puis s'entretenir; On verroit éperdu lors qu*il a veu venir Sur son espoir en herbe un foudroyant orage, Qui lui auroit broui Theur de son labourage : Ainsi, nobles Signeurs, m'en prend-il maintenant....

Nous pourrions tout citer, car évidemment tout est de Grévin, même les formules de modestie par lesquelles Plantin s'excuse de ses audaces poétiques :

Ainsi est quelquefois le pasteur astrologue : Ainsi le savetier trenche du theologue :

De la géographie ainsi le nautonnier Fait les descriptions : ainsi le gros bouvier Veut traicter chose grande : et de philosophie Compter le jardinier....

De Grévin encore et surtout les allusions voilées à ce sujet qui le possédait : les luttes religieuses, la méchanceté des hommes, le courroux de Dieu, qui

chasse l'arrogance D'un tas de serviteurs qui luy font deshonneur,

et les remerciements qui lui sont dus c< de la prospérité rendue à son Eglise »•

Le style de Grévin, et jusqu'à l'emploi des expressions familières à un disciple de la Pléiade, se reconnaît encore davantage

dans la pièce de vers qui suit : « Christophe Plantin imprimeur, aux prudens et experts Maistres d'écolles, et tous autres qui s'employent à enseigner la langue Françoise » (140 vers).

Non, Messieurs, non, je ne me vante pas

D*estre orateur, poète, ou maistre d*ecole...

De la fontaine au clievalin ruisseau

Je n*ay pas beu : et si n*ay souvenance

D'avoir jamais dormi sur le coupeau

De la Montagne aux dames d*eIoquence....

Pour finir, quelques stances d'une allure gracieuse « aux jeunes en fans de bon naturel >>. Le poète n'oublie pas qu'il faut rendre l'instruction attrayante, et, comme il disait tout à l'heure aux bourgmestres, « allicher de loin » l'enfant qu'on veut instruire :

Petits mignons, voici des fraises De nostre champ, et du pain cuit :

Mais, pour bien croistre sains et aises, Mangez le pain avec le fruit.

Tout fruit crud à déjeuner nuit.

Que sans pain manger on s*advance :

Et puis après, pour recompense.

On tombe en haine et mauvais bruit....

Puis viennent les Dialogues. D'un côté le texte français; sur la page en regard, le texte flamand. On comprend que je ne me prononce pas sur les mérites de la traduction de Kerkhovius et de Camille de Bomberghe*. J'indique successivement le thème de chaque entretien.

Première Partie. — I. Le lict, et les habitz (p. 16). Le servi" teur^ et deux escoUers, — Description amusante des efforts du serviteur pour faire lever les élèves et des raisons invoquées par ceux-ci pour continuer à goûter les douceurs du lit. Voca-

i. Max Kooses, Christophe Plantin, imprimeur anverêois, AuTers, i88S, p. 233.. Cf. Le Grand Livre des Afaires, Registre IV, fol. 94 ▼".

bulaire précieux de tous les termes d'usage pour désigner les diverses parties de la literie et de rhabillement.

II. — La Prière (p. 50). Jacques^ Pierre et Robert. — L'écolier Jacques décide son camarade Pierre, peu religieux de sa nature, à commencer la journée en priant Dieu : deux prières et le pater.

m. — La table oti le repas de$ escoliers (p. 46). Antoine^ François^ Nicolas et le serviteur. — Le jeune François crie famine : « J'ay vingt aunes de boyaux vuides, pour festoyer mes amis ». Pour le coup, voilà une expression qui n'est pas de Plan tin. Elle appartient en propre à Grévin, qui l'affectionne, car il l'emploiera encore; il écrira, en faisant une description anatomique « : Le second boyau a esté nommé Niste et Jéjunum^ pour-autant qu'il est toujours vuyde : aussi Tay-je nommé le vuyde, ensuivant le proverbe commun des François, lesquels voulant signifier un homme qui a bon appétit, disent qu'il a U7ie aulne de boyaux vuydesy pour festoyer ses parens\ »

Pendant le repas, la conversation prend un tour littéraire. On cite Properce et Virgile. On recorde la leçon que le maître faisait la veille. Ainsi Gargantua et Ponocrates en dinant « devîsoient des leçons leues au matin ». Cependant Nicolas se déclare « si saoul que le ventre lui tire ». Le serviteur leur a pourtant prêché la sobriété. Un trait de mœurs : ce serviteur n'est pas un homme du peuple, mercenaire illettré; c'est un écolier pauvre, dont les services payent l'instruction. Et comme ceux-là retardent celle-ci, il vieillit entre les murs du collège, dont il possède les traditions : « Mais que vous ayez esté aussi longtemps au collège comme moy, vous en parlerez davantage : car ayant des parens comme vous avez, lesquels ont la puissance de vous entretenir, vous n'avez que faire de vous soucier. Mais moy, il faut que je travaille en estudiant ». C'est ainsi que Ramus fut domestique d'un élève riche du collège de Navarre. Le savant

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