‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 34 sur 254 · G. Feugèrb, Erasme. Paris, 1874, p · texte numérisé non relu

G. Feugèrb, Erasme. Paris, 1874, p

que ses Souspirs (1557), souvenirs amoureux, d'une poésie plus que médiocre. Du Bellay (1558) avait raison et montrait une fierté légitime lorsqu'il se félicitait

D*avoir chanté le premier des François L'antique honneur du peuple à longue robbe*.

Les Sonnets sur Rome de Gré vin ressemblent beaucoup aux Àntiqnitez de Rome de J. Du Bellay, et, eu même temps, s'en éloignent sensiblement. Expliquons-nous sur cette analogie et ces différences.

Le poète angevin arrivait à Rome tout rempli d'enthousiasme. Ses premières impressions furent délicieuses. Aussi artiste qu'érudit, il sentit avec force le charme mélancolique de tant de souvenirs du passé, et des vestiges, caducs eux-mêmes, de tant de grandeur évanouie. Ce qu'il comprenait si bien, il l'exprima avec bonheur. Il se fit le chantre éloquent de la majesté antique et de la décadence du peuple romain. Grévin aussi. Par la force du style et sa convenance au sujet, plus d'un passage des Son^ nets sur Rome peut être rapproché du fameux tableau de « la Bérécynlhienne », tracé par Du Bellay. Écoutons Grévin :

Comme on voit d'un torrent la course vagabonde Descendre des rochers impétueusement, Alors que le soleil plus vigoureusement Touche le doz neigeux de la terre féconde :

Il bruit et si remplit la vallée profonde.

Il ravage et ruine; il paroist seulement; Rome ainsy se monslra quand orgueilleusement L empire la rendit première de ce mondée

Le seul tort de Grévin consiste à s'inspirer trop directement et trop visiblement de Joachim pour cet ordre d'idées. Le sonnet IX, dont je viens de citer le débiil, et le sonnet XII,

i. Du Bellay, éd. M-L., Il, 279. v. 27-28.

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