Ronsard, éd. P. Bl., VIII, 6, note
Même slyle chez I^ Guillolière. Il s*en prend à
un tas de jeunes veaux Qui veulent rabrouer tous les moyens nouveaux.
Grévin a loué sa langue aux drogueurs. li vit aux crochets d'un las d'apothicaires. Sa dent ne pourra rien sur l'honneur du sage Launay. Il se rongera les doigts de dépit. C'est un Zoïle ; c'est « un fouet ». Les mérites de Launay, reprend Bouchet,
Sont griefs à Grevin, ce flateur de boutiques, Hais vérité vaincra ie temps et son outrage.
J'abrège beaucoup. Eh bien ! ce langage n'est pas dépourvu d'aménité, si on le compare à celui de Launay lui-même. De la partie médicale de sa dissertation, je ne puis rien dire : c'est une longue amplification, en 124 pages serrées, de son premier traité. Mais elle est précédée de quelques pages où il déverse sa rancune personnelle, et qui respirent une remarquable rage. El, en vérité, on se demande pourquoi. Il semble que les hommes de cette époque s'injuriaient pour le plaisir. Grévin avait bien employé quelques expressions un peu vives. Je crois même qu'il a laissé échapper le mot ignorance. N'importe : c'est encore là une critique armée à la légère, pour un siècle où bien des combattants, de Scaliger à Jusle-Lipse, ont manié avec aisance de très pesantes invectives. Grévin désirait une lutle courtoise. Il prévenait son adversaire de ce désir en des termes qui ne sentaient guère la provocation. Il lui disait : « Ainsi doncques, Launay, je vous prie de penser que je ne me veux défendre ni vous assaillir d'autres armes, et que ainsi vous estimanl homme de lettres, je pense que vous ne vous deslracquerez point du sentier de raison, laquelle nous doit conduire à la vérité ». Homme de lettres ! Grévin ne connaissait pas d'appellation plus flatteuse. Il ajoutait : « Faisons doncques tellement que les regardans puissent remarquer en. nous une grande partie de
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rhonneslelé et gentilesse des anciens chevaliers que Ton nommoi t errans, lesquels souventesfois, après avoir combattu long temps, si d'aventure la nuict survenoit, nelaissoyent de se caresser l'un l'autre et coucher ensemble, en attendant le jour auquel ils devoyent vuider leur querelle* ». Où donc Launay a-t-il pris les « injures atroces », les « charretées d'injures » dont il se plaint? Ces injures, il le concède, auraient été produites, « non pas apertement, mais il ne s'en faut guères ». Irrité de l'opposition que rencontrent partout ses méthodes, il adresse à Grévin tous les outrages qu'il s'imagine en avoir reçus. Chose amusante : ce qui excite surtout sa fureur, c'est le titre de docteur de Paris qui appartient à son adversaire. « Je ne fu jamais si estonné qu'à l'heure que le messager de ceste ville me présenta vostre livre.... Je le pren : et convoiteux de le lire, entray en mon estude, et le lis tout du long, avant disner, jaçoit que l'heure s'approchast de mettre cousteaux sur table. Neantmoins voyant estre venu d'un docteur de Paris, n'espargnay ma peine à le voir, pour apprendre tousjours quelque chose d'un tel personnage ». Il revient vingt fois sur ce point : que Grévin cherche son pareil; Launay s'avoue indigne de se mesurer avec lui. Et, l'érudition aidant, il poursuit avec une lourde ironie ses protestations de modestie affectée, sans préjudice des épithètes les moins courtoises, appuyées des citations les plus fastueuses. Dans ce fatras de récriminations pédantes, qui remplit douze grandes pages imprimées en petit texte, il est deux passages qui ne pouvaient manquer d'attirer l'attention de Grévin. Le premier visait, non pas « apertement », mais peu s'en faut, son honneur professionnel : c'est un tableau des manœuvres employées par les docleui's de Paris pour s'introduire dans les riches maisons. Dans le second, Launay prend la défense de Mattioli, qui n'est pas et quelque badin, ou farceur, ou faneur de ballades ». Et pour que le doute ne soit pas possible, Launay donne plus loin le