‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 63 sur 254 · Ibid., t. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. IV, p

Gorris : il eût pu facilement se convaincre de ce fait que la traduction latine placée en regard des Alexipharmaqiies par Lectius n'est autre que celle de Jean de Gorris :

Sint quamvis Asiœ procul a se dissita laise

Mcsnia, queis urbes nostri cinxere parentes ,

Prolagoraj atqtie illas spoiium disleiminet ingens.., ^ etc.

Aussi Schneider prend-il soin de relever cette indication erronée dans la préface qu'il écrit en tête de son édition des Alexipharmaqties de Nicandre. Schneider rappelle que Leclius a emprunté le texte de Nicandre à Henri Eslienne; et il ajoute : « Hanc {editionem) repeliit in gemina Colleclione poetarum Colonie Àllobrogum anno 1606 édita Jac. Lectim, addita tamen venione latina poetica Jacobi Grevini, Galli, qui antea gallico carminé Nicandrum inlerpretatm anno 1570, poslea latinam etiam ejm versio7iein expertm est, qimmvidelicet Lectiiis Theriacis subjunxit; contra Alexipharmacorum vernonem a Jo. Gorrxo profectam jvjxla posuit\.. » Une rectification en ce sens fut insérée par Ilarles dans la nouvelle édition de la Bibliotheca grxca de Fabriftius*. Ainsi, voilà qui demeure entendu : la traduction des Alexipharmaques imprimée dans Touvrage de Lectius est celle de Jean de Gorris. Reste à savoir (seul point qui nous intéresse), de qui vient la traduction des Théria/jues rapportée par le même Lectius :

Reptiliunty qxue dente nocent^ iduque, fer arum Tum varias formas... , etc.

Cette traduction, Lectius et les autres après lui ont-ils eu raison d'en reporter l'honneur à Grévin? Bien entendu, lorsque nous connaîtrons l'origine de cette traduction des Thériaques, nous connaîtrons également l'origine de la traduction des Alexi-

\. J.-G. ScnsEiDER, Nicandri Âlexiphannaca. Halle, 1792, p. X, 2. FABRiaus, loc, cit.

pharma<]ues qui l'accompagne dans l'ouvrage de Martius, et que Lectius a remplacée, je ne sais pourquoi, par une autre :

Quanquam majores »ua quondam mœnia nostri Quorum et nos de stirpe sumus, non urbibus islis Yestrœ Asiœ junxei*e, meamque tuamque sit intei* Immensus palriam, qui nos disjungat^ hiatus, Oplime Protagora,..f etc.

A qui Martius a-t-il emprunté la traduction des Thériaques (et, par conséquent, à qui a-t-il emprunté cette traduction des Àlexi" pharmaqiœs)! \Gré\in^ déclarent unanimement Lcclius, Fabricius, Schneider et Harles. Ils font erreur, malheureusement. A la suite du passage que j'ai cité, Schneider, passant en revue les différents traducteurs de Nicandre, glisse cet aveu : « Versionem poeticam ah Euricio Corda medico profectam nunquam tractavi nec curavi....^ S'il l'avait eue en mains, cette traduction élégante, mais un peu libre, d'Euricius Cordus, il l'aurait reconnue : c'est par elle que Jérémie Martius, sans en nommer l'auteur, termine son traité De Veneiiis. Seul, Hoffmann a vu clair dans cette question. Après avoir parlé de l'ouvrage de Martius, il ajoute : « Accedunl Nicandri Theriaca et Alexipharmaca in latinum sermonem reduclaper Euricium Cordum\ »

Dans ce traité des VeyiinSy Grévin a indiqué à deux reprises les liens qui, dans les idées de son temps, rattachent à la médecine la connaissance des « enchantements et sorcelleries' », soit que ces enchantements aient pour cause quelque médicament ou breuvage, auquel cas leur étude se rapporte à la théorie même

1. Hoffmann, Lexicon bibliographicum. Leipsick, 1832-1850, t. IJI, p. 120, col. 1.

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