Cf. Grévin, U, 5, v. 9-11 ; v
gagne l'un après l'autre lous les conjurés, et Brutus, dont le nom le sert auprès du peuple, n'apparaît, même à la Hn du drame, que comme un instrument entre ses mains. Dans Voltaire, comme dans Grévin, Brutus est l'Ame du complot; il domine et dirige les autres. Monologue de Brutus :
Quelle bassesse, ôciel! et quelle ignominie !
Voilà donc les soutiens de ma triste patrie.
Voilà vos successeurs, Horace, Décias,
El toi, vengeur des lois, toi, mon sang, toi, Brutus.
Uuels restes. Justes dieux ! de la grandeur romaine...
Famille de Pompée, et loi, divin Caton,
Toi, dernier des héros du sang deScipion,
Vous ranimez en moi ces vives étincelles
Des verlus dont brillaient vos âmes immortelles.
Vous vivez dans Brutus...
Nous retrouvons chez Grévin ces doléances ;
Mais nous abaslardis, trop indignes de naislre
Du moindre successeur du moins vaillant ancestre.-.elo.'
Et aussi cet accès de fierté domestique :
Resouvien toy du nom que tu has, et retiens
Enror' delà vertu de tous les anciens;
Hé Brute ! retiens en tout au moins le courage*.
Brutus se doit à Bome et à la liberté :
... (I Tu dors, Brutus, et Rome est dans les fers ! i Rome, mes yeux sur toi seront toujours ouverts. Ne me reproche poînl des chaînes que j'abhorre... H Non. tu d'cs pas Brutus! n Ah! reproche cruel I
S. Ibid., T. 39-51.
Grévin
La voix des citoyens n'ha elle le pouvoir De t'enflamer le cueur trop abject et servile. Te reprochant que Brute est absent de la ville?... Non, qu*un tel deshonneur ne me soit reproché, Que d*avoir patient trop longuement caché Le vouloir qu*ay receu de ma première race ^
Propos de Décime :
Nés juges de TÉtat, nés les vengeurs du crime, C'est souffrir trop longtemps la main qui nous opprime; Et quand sur un tyran nous suspendons nos coups. Chaque instant qu'il respire est un crime pour nous.
Chez Grévin, le même personnage témoigne la même impatience :
Que demeurons-nous tant? Ou est notre assurance?... Il ne fault point attendre, en ce pendant qu'un bien Commun aux citoyens et à toute la patrie' S'offre dans nostremain, et à soy nous convie'.
Les conjurés font avec joie le sacriflce de leur vie :
Notre mort, mes amis, paraît inévitable; Hais qu'une telle mort est noble et désirable! Qu'il est beau de périr dans des desseins si grands! De voir couler son sang dans le sang des tyrans ! Qu'avec plaisir alors on voit sa dernière heure ! Mourons, braves amis, pourvu que César meure, Et que la liberté, qu'oppriment ses forfaits, Renaisse de sa cendre, et revive à jamais.