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des œuvres de tout point françaises. Légitime ou présomptueuse, une telle prétention ne peut passer inaperçue. Nous devons voir sur (juel foiuleineiit il l'élnblissait, et examiner s'il fiiut ratifier le jugement qu'il porlait sui' lui-même, et que personne n'a lépélé après lui. Tout d'abord distinguons la tragédie de la comédie.
Dans la tragédie, Grévin, je le répète, montre un talent supérieur à celui de Jodelle pour le fond comme pour la forme. Chez Jodelle, aucune action, aucune intrigue, aucune peinture des caractères. Cléopâtre ne nous offre qu'une élégie déclamatoire, divisée en actes, et terminée par le récit d'un messager pour nous apprendre la mort de la reine. Impossible de se tenir plus loin du précepte que formulera Voltaire en disant que « tout doit être action dans la tragédie* ». Le style, singulièrement négligé, plein de redites, alourdi de continuels remplissages, ne masque pas le défaut d'intérêt dramatique. Laharpe, dans un passage que j'ai déjà rappelé, après avoir cité quelques vers de Grévin, ajoute : « Il n'y a pas dans Jodelle un seul morceau de ce mérite ». Si Grévin ne pouvait se prévaloir que de la supériorité du langage, nous lui trouverions là un titre incontestable de gloire, mais un titre insuffisant, eût-il créé de toutes pièces le langage tragique, pour dire qu'il a créé la tragédie. L'absence de tout ressort dramatique chez Jodelle constitue une infériorité plus grave. Si l'action est l'ame de la tragédie, une tragédie sans ame peut-elle s'appeler une tragédie? Une déclamation sans intérêt peut-elle être considérée comme le premier modèle d'un genre qui ne vit que par l'intérêt? Si le théâtre en fût resté là, on eût vu, non des drames, mais seulement des tableaux dramatiques. Passons cependant sur ce grief. De Jodelle à Grévin, il se produit brusquement un progrès décisif, marquant une date dans notre histoire littéraire, et auquel Grévin songeait certainement lorsqu'il affirmait avec tant de netteté ses droits de novateur : le progrès de la versification. Jodelle ne savait trop quel mètre