HossARD, éd. P. Bl., VU
de Médée et d'Hécuba, lesquelles ont esté faictes vulgaires et prises du grec d'Euripide ». Pourquoi ces deux exceptions? Grévin ne parlo pas ici de VÏIrcube de Lazare d(3 Baïf, imprimée en 1550, à laquelle ne s'appli(picrait pas ce que je vais dire. Je pense qu'il vise une Hécube de Guillaume Bouchetel, mentionnée par Du Verdier*, représentée en 1549*. Nous n'avons pas cet ouvrage. Mais nous avons la Médée à laquelle il fait allusion, et qui est évidemment la Médée de LaPéruse, jouée en 1554. Cette tragédie, Grévin la regarde comme fratiçaûe. Pourquoi ? Parcourez-la ; les rimes masculines et féminines se succèdent suivant une alternance rigoureuse. Voilà décidément le signe distinctif de la tragédie régulière. Seulement cette tragédie de Médée, régulière quant à la forme, n'est encore qu'une traduction.
Si nous voyons en Grévin, non pas un des fondateurs, mais à proprement parler le fondateur de la tragédie classique en F'rance, il faut avouer qu'en ce qui concerne la comédie il paraît plus difficile de penser comme lui quand il se vante d'avoir apporté le premier modèle du genre. Ici, la question de versification n'intervient pas; Grévin mêle les rimes, dans la comédie, considérée comme un genre inférieur. Par conséquent, il semble bien qu'on doive chercher dans Eugène, et non dans la Trésorière, le premier exemple, le premier embryon, si l'on veut, de la comédie de mœurs et de caractères. La comédie était née avant Grévin ; il a seulement guidé ses premiers pas. J'ajoute même que les idées dogmatiques de Grévin sur la comédie nouvelle se trouvent en germe chez Jodelle. Le prologue de la Trésorière rappelle celui iV Eugène, et, par exemple, le mépris affiché dans celui-ci pour les auteurs de moralités' se traduit dans celui-là en termes presque semblables. Mais, si Grévin ici n'a pas ouvert la voie, il lui reste la prééminence du talent. Le répéter n'est peut-être pas inutile. Grévin souffre d'un véritable préjugé de lettres. Parce