‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 130 sur 262 · Regretz, v · texte numérisé non relu

Regretz, v

A. Ibid., V. 515-514.

5. Cf. Baïf, éd. M.-L., II, i48; Du Bbllay, éd. M.-L., I, 310.

(ael resonnant cette triste conii)laincte. Terre qui leuz de sang si souvent taincte, Engloutissez ceste vie esplouree '

Celle courte péroraison, terminée par une prière à la pitié divine, emprunte à la nature du sujet quelque chose d'assez mélancolique. Du Bellay a écrit une poésie intitulée Les Tragigiies Regrets de Charles F, empereur*, qui ne parut qu'après la mort de l'auteur, parmi ses œuvres inédites que publia Guillaume Aubert en lo73-74. Nous pouvons même conjecturer avec quelque vraisemblance la date de ces Tragiquf^s Regrets, Il en existe une copie dans la curieuse collection des pièces manuscrites que nous a conservée Rasse Desneux ^ Par sa place dans le recueil, la poésie de Joachim appartiendrait à l'année 1560. Yisiblement, il a voulu refaire le travail de Grévin : mômes développements, même emploi du vers de dix syllabes. Si la facture est plus ferme que chez Grévin, les idées ont moins de grâce et d'abandon, et, par exemple, cet appel final aux dieux du paganisme rend moins touchante la conclusion du discours :

Dieux immortels qui tenez en vos mains

Tout le bonheur et malheur des humains...

Astres luysant sur les nativitez,

Et vous d'enfer les basses déitez,

Voyez la fin de ma grandeur esteincte,

Et de vos pleurs accompaignez ma plaincte*.

Le 24 avril 1558, on célébra à Notre-Dame, au milieu d'une grande pompe, le mariage du dauphin François et de Marie

1. Regretz, v. 405-407. Cf., comme coïncidence curieuse, la conclusion du discours dans Musset :

0 terre ! reçois-moi ; c.ir je te rends nia cendre. Je vins nu de ton sein ; nu j'y vais redescendre.

Page 1