Cf. Ronsard, éd. P. RI., I, 155, v
Une bouche, un cû^^ail, une rose, un œillet, Une lèvre, une freze, et un menton douillet, Ou nichent ces Meurtriers cjui font pasnier mon unie;
Une joue d'albastre, ou un beau tcinct vermeil Fait en s'entremeslant comme un petit soleil. Ce sont les premiers traicts des beautez de Madame
La description semble précise. Eh bien ! ne nous félicitons pas trop vite de connaître Olympe. Les maîtresses de ces poètes se ressemblent toutes, comme leurs sonnets. Pétrarque ayant donné à Laure des cheveux blonds et des sourcils bruns, les pétrarquisants ne chantèrent que cheveux « d'or » et sourcils « d'ébène » (expression invariable). Grévin vient de nous présenter une Olympe blonde^; un peu plus loin, il ra|)j>ellera « brunetle' ». Même contradiction chez Ronsard. Elle ne doit pas nous étonner. Jodelle, dans un moment de dépit, a trahi un secret dont nous nous doutions bien un peu : Tobligation pour le poète de c dorer » les cheveux de son amie :
Combien de fois mes vers ont-ils doré Ces cheveux noirs, dignes d'une Méduse * !
Amour chevaleresque et platonique, avec des accès de sensualité% ou plutôt amour très pur en apparence et par un besoin d'imitation, mais dont la chasteté de commande se trouve démentie à tout instant par Tâpre passion du langage; — amour malheureux et résigné, avec des lamentations et des désolations, et des retours à Tespérance au reçu de la moindre faveur"; — amour éternel dans ses effets, avec Tassurance d'un immortel