‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 154 sur 262 · KoNSARD, éd. P. BI., Il, 117, y · texte numérisé non relu

KoNSARD, éd. P. BI., Il, 117, y

formé, plus dépouillé que dans ses sonnets de loule rudesse ancienne, et qui fait pressentir ce que va devenir la langue. Voici des vei's don.t Torthographe seule a vieilli :

Comment, Maistresse, vous fuyez, Et en fuyant vous vous riez, De la grand' faute que j'ay faite, Quand je n'ay mis tous mes efforts A vous porter à bras-de-corps Dedans ceste forest secrette.

Vrayment si je vous y retien, Mauvaise, je m'asseure bien Qu'à mon tour vous me verrez rire :

Car au plus espes des forests, Vous serez prise dans les rets Que vous tend un nouveau Satyre*.

Le défaut de cette poésie légère, c'est la trop gi^ande liberté des idées et du langage. Dans ce genre secondaire, le souvenir du chaste amant de Laure ne gênait plus les hommes de la Renaissance; ils y déployaient sans retenue leur sensualité naturelle et ne déguisaient plus leur « amour pour les réalités. » 11 suffit de citer ce passage, qui n'est pas le plus vif que Grévin ait écrit dans cet ordre d'idées' :

Appelez moy cruel, parjure, Poursuyvez moi d'une autre injure, Esgratignez tant que voudrez, Ou bien, appelez vostre mère.

Menacez moy de vostre père, Pour tout cela rien ne ferez.

Encore moins par vos prières.

Par vos mignardises premières.

Par vos souspirs, ou par vos pleurs, Puisque je tiens vos mains croisées, Il fault, il faut rendre appaisees Les estincelles dont je meurs.

2* Voir II, 261, v. 5-24.

Ne pensez pas que je ne puisse

Bien tost descroiser voslre cuisse,

Puis qu'ay gaigné ce premier poinct

Que mon genouil l'a retirée

De sa compagne désirée,

Que desja vainqueur il desjoint'

Page 1