‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 160 sur 262 · Racine, Brilannkiis · texte numérisé non relu

Racine, Brilannkiis

par l'effort de son iiilelligence, le cours naturel de sa destinée, il faudiail à cet homme une santé de corps et d'esprit sin<,'ulièrement robuste pour ne pas connaître des instants de défaillance, de regret en ce qui louche la tranfjuillité sacrifiée, de dédain en ce (pii concerne la récompense acquise. C'est (lu moins là ce que nous pensons et trouvons raisonnable. Tel poète de nos jours, et non des moindres', n'a vu dans le génie môme qu'un don sublime et fatal, condamnant l'homme il la solitude et à la tristesse. Mais au xv!*" siècle, à cette époque d'enthousiasme et d'élan immodéré vers les conquêtes du savoir, on ne rencontre pas la confidence de ces moments d'accablement, et je relève dans Grévin l'expression d'un sentiment assez rare de son temps pour mériter d'être noté : la détestation de la science, ennemie du repos et de la paix du cœur. Dans le sonnet à Clermont, il y insiste. Près de la Bresche ou près de la Fontaine du Pied-du-Monl, il repasse sa vie, déjà remplie. Il a cru, il a renié, douté peut-être, lutté et souffert des nobles angoisses de la pensée. Et il se demande : à quoi bon ?

Qu'ay-je pour tout-ceIa?un rompement de teste, Un discours qui tousjours pour me fascher s'apprcste, El est par le passé le futur prédisant.

Plus heureux l'artisan, qui, de ce soin délivre', Ne s'amuse long temps a feuilleter un livre, Et ne s'esmeut sinon de ce qu'il voit présent^.

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