‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 170 sur 262 · vers · texte numérisé non relu

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Thévet, d'Angoulême, avait accompagné, en 1555, Durand de Villegagnon, chargé de l'établissement d'une colonie calviniste au Brésil. Revenu en France, il publia les Singularitez de la France antarctique, autrement nommée Amérique,.,. (Pai-is, 1558), et reçut le titre de cosmographe du roi. On a suspecté sa bonne foi. La Martinière raconte que Thévet, pour flatter le roi Henri II, avait dressé une carte où se voyait une ville nommée Ville-Henri. Cependant Léry, qui ne partit du Brésil qu'un an et demi après Thévet, assurait qu'il n'y eut jamais ni ville ni village dans l'endroit où Thévet plaçait sa cité imaginaire. Cette prétendue fondation avait fait grand honneur à Thévet. C'est à elle que Grévin pensait en vantant, dans VHymne au Dauphin,

Ces avantureux, qui de ferme asseurance Ont ramé plus osarts sur le dos ecumeux De la mer, ne craignantz ses haults mons raboteux, Et ont dessoubz noz pieds basti nouvelle ville*.

Thévet était un ami de la Pléiade. Quand il publia, en 1575, sa Cosmographie universelle, il eut soin de reproduire dans les liminaires les vers par lesquels Ronsard, Du Bellay, Baïf, Jodelle avaient célébré ses mérites*. Mais l'ode de Grévin n'y figure pas, parce que c'eût été là un patronage compromettant pour un personnage officiel. Dans cette ode, le poète chante les plaisirs de la vie tranquille; il développe les idées chères à Horace : cœlum non animam mutant... post eqaitem sedet... El il ajoute :

Que nous sert avec grand soing Chercher les richesses loing, Pour si peu qu'avons à vivre!

Hé I que nous sert de changer Ce pays à l'cstranger Pour les richesses cnsuvvrc?...

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