‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 177 sur 262 · Voir pluâ haut la Bibliographie · texte numérisé non relu

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Estais de Hollande. Faicts François et sommairement expliquez.) Mais on le Irouve au bas de réj)îlre par laquelle Grévin dédie son opuscule à M. de La Foresl, « Ambassadeur en Anglelerre pour la Majesté du Roy de France ». Plan lin a fait servir les planches des Emblemata d'Adrien le Jeune, qui ont bien perdu de leur finesse et de leur netteté (57 figures au lieu de 58 ; la dernière a disparu). Comme Junius, Grévin emploie des vers de diiïérents mètres. Il va sans dire qu'il est le plus souvent impossible au poète français d'enfermer sa traduction dans les bornes d'un quatiain. Comme le volume de Junius, celui de Grévin se termine par un commentaire qu'il intitule : « Explication de quelques Emblèmes difficiles. » Pour ce commentaire, dans lequel il passe successivement en revue tous les Emblèmes, en s'étendant sur certains d'entre eux, il se sert des notes latines de Junius, mais en les allégeant et surtout en les accommodant à sa manière. Il invoque l'autorité de Nicandre, ce qui est bien naturel, et il cite même (sous l'Emblème VIII) un passage de sa traduction de Nicandre, ce qu'on ne saurait lui reprocher. Sous l'Emblème XL VII, il écrit : « Cest Emblème monstre les conditions des amans, lesquels estants absens de leurs maistresses ne laissent pas de se martirer, voyans quelque chose qui vient d'elles; ainsi que le cerf absent de celuy qui l'a frappé ne laisse pas de se mourir au moyen de la flèche qu'il porte. Ce qui est fort bien expliqué en ces six vers qui suyvent :

Et comme un cerf navré du dard qu'il porte au flanc..., etc. »

Or, les six vers qui suivent ne sont autre chose que la fin d'un sonnet de VOlimpe\ Grévin pouvait se dispenser de signer la préface de ces Emblèmes ; la lecture de ces notes ne nous aurait laissé aucun doute sur leur provenance. Du Verdier ignorait ces particularités quand il écrivait que les Emblème^ d'Adrien le

Jeune « ont été mis en vers François, par traducteur incertain, imprimés à Anvers, in-i6, par Christ. Plantin, 1567* ». Comme pour Sambucus, Du Verdier donne des spécimens de la traduction citée. Il rapporte les légendes des Emblèmes Y, XI et XII. Je suppose qu'entre l'édition de 1567, dont il a eu connaissance, et celle de 1570, il a pu exister des différences de texte plus ou moins sensibles, car les vers insérés dans la Bibliothèque de Du Verdier présentent quelques variantes avec ceux de l'édition de 1570. Je prends comme exemple la traduction de l'Emblème Xll, le Douaire d'une femme. D'après Du Verdier :

La Spartienne Venus Avoit les pieds retenus D'un sep, dont elle étoit prise :

Un beau voile luy cachoit Les deux yeux, et si etoit Dedans une chaire assise :

La chaste honte et l'amour Ou Constance fait séjour Sied bien à la femme sage De soigneusement garder; Elle doit bien regarder Sa maison et son ménage.

D'après le texte de l'édition de 1570 : •

La Spartienne Venus Eut les deux pieds retenus D'un cep qui l'arrestoit prise.

Un bandeau elle porta Qui son regard aresta, Et si fut tousjours assise; La chaste honte et l'amour Ou Constance faict séjour Siet bien à la femme sage :

Elle doibt pareillement Gard'T bien soigneusement Sa maison et son mesnage.

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