‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 179 sur 262 · Ihid. Joe. cit. Cf. Ibid., fol. 85 v · texte numérisé non relu

Ihid. Joe. cit. Cf. Ibid., fol. 85 v

Dauphin et le Chant de joie sur la paix de 1559. Seul, le Chant de joie se retrouve dans VOlimpe. D'où vient l'absence des trois autres poèmes? Je ne sais pourquoi Grévin ne croyait pas devoir reproduire cel Hymne au Dauphin j si rempli de traits poétiques, si touffu, pour ainsi parler, et de plus, régulièrement rimé. Ouaiilaux Ikgret:: et a la Description, leur exclusion venait tout simplement de ce que, dans ces premiers essais, l'auteur ne s'était pas encore plié à cette règle, inaugurée par Marot sous certaines distinctions et pour certains genres, imposée par Ronsard sans distinction ni réserve, subie d'abord avec quelque répugnance par Du Bellay, qui redoutait en cette matière un excès « superstitieux* », plus tard acceptée plus ou moins docilement par lui et par tous les autres, et qui finit par devenir une loi fondamentiUe et incontestée de la poésie française : l'alternance des rimes masculines et féminines.

C'est pour la même raison que parmi les diverses poésies imprimées à la suite de la Description du Beauroisis, les trois sonnets décasyllabes A Monsieur Philippes d'Warty seront dédaignés par l'auteur lorsqu'il réunira ses vers pour en composer le volume de VOlimpe, tandis que dans ce volume prendront rang les trois odes A Madame d'Warty, A Jaques Grévin et A Antoyne de Talon. Dans les sonnets de VOlimpe, comme dans ceux de la Gélodacrye, Grévin entre-croise, sans se permetti'e à cet égard une seule licence, les rimes des deux genres. J'ai parlé tout à l'beure de la résistance de J. Du Bellay à la loi d'alternance dans les commencements, et de sa conversion relative par la suite. Dans VOlive (1549), les rimes sont confondues; dans les Regrets (1558), elles sont alternées, sauf dans 14 sonnets (sur 185)*. Evidemment, Du Bellay en tenait pour la nouvelle « religion », comme il disait, j)lus qu'il ne voulait en convenir. Mais enfin il n'en praticjuait pas l'observance d'une façon

1. Du Hellay, heflence cl illuslralion..., II, t); éd. M. L., I, .M2. lif, même éd., I, '2. Les sonnets îiC, 57, 86, «0, 91, 124, 132, 155, 140, 151, 152, 163, 168, 170.

absolue. Si l'on trouve dans les Rajreh peu d'exceptions au principe d'alternance, encore est-il qu'on en trouve. Dans les sonnets de Ronsard on n'en trouverait pas. Dans ceux de Grévin non plus. J'ai donc le droit de signaler une supériorité de VOlimpe sur V Olive j et même sur les Begrets, en ce (jui concerne cette cjuestion, si scrinidînrc (jii'ofi la veuille estimer, de versification et de facture.

Dans les petites pièces de VOlimpe et dans les Jeux olimpiques, Grévin s'aiïrancliit de l'obligation d'alterner les rimes. Au contraire, il s'y astreint très exactement dans les Élégies.

Dans les Odes, il observe la distinction des rimes. Toulclni^? il convient de faire à ce sujet deux remarques : l*' il n'alterne les rimes, dans ses odes, que pour une strophe donnée ^ considérée seule et isolément; il ne s'interdit pas, par exemple, de commencer une strophe par un vers à rime masculine, alors que la strophe précédente finissait elle-même par un vers à rime masculine; 2"" tandis (jue l'alternance se produit, dans les Sonnets et les Elégies, sans la moindre défaillance, Grévin se permet des licences à cet égard dans certaines Odes. On n'en trouve pas dans les odesl. If, IV, VIII, IX, XI, ni dans les odes du second volume. Les odes m, V, VI, Vil et X en contiennent quelques-unes, en nombre assez restreint d'ailleurs*.

Quant à la tragédie, est-il besoin de rapj)elerla nécessité impérieuse, selon Grévin, de n'y employer que les vers « intercalaires », comme les appelait Jodelle^? Sans vers intercalaires, pas de tragédie aux yeux de Grévin. Nous savons qu'il a prêché d'exemple dans César. Si l'on y a relevé quelques dérogations au principe, ce ne sont que des négligences. « Les rimes masculines et féminines, dit M. Gollischonn, alternent régulièrement. Cette règle n'est enfreinte par le poète qu'en cinq endroits. En

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