Il, 14, V. i2-ir
Dans les comédies, nous savons que Grévin ne se soumet pas à remploi des rimes alternées. A signaler une hardiesse que le théâtre régulier n'a pas admise : à deux reprises, Grévin fait rimer le dernier vers d'un acte avec le premier vers de l'acte suivant*. Comme pour César, une addition de Texemplaire d'Anvers donne à un vers des Esbahis la rime qui lui manquait \
La Pastorale est écrite en vers à rimes alternatives. Quatre vers à rime masculine consécutifs :
Ja son petit troupeau s'estoit mis dans un pré. Ou marchant pas à pas il avoit rencontré Les chèvres de Gollin, qui aussi tout resvant Des le bout du valon lui venoit au devant'^,
subissaient, dans l'exemplaire d'Anvers, la modification suivante : Grévin supprimait les trois premiers vers el les remplaçait par un vers unique, rimant avec le quatrième :
Mais connue il s'amusoit, Colin morne et resvant Des le bout du valon..., etc.
D'autre part, l'exemplaii'e d'Anvers laissait subsister par mégarde quatre vers à rime féminine consécutifs*.
En résumé, si nous ne tenons pas compte de ces légères im|)erfections, qui proviennent de la rapidité avec laquelle l'auteur produisait, et si nous remarcjuons, en dehors des deux lecueils de 1560 et 1561-62, que l'ordre des rimes masculines et féminines est obseivé dans VHymne au Dauphin^ dans le Chant du Cigne, dans la Hespome aux calomnies, dans le Proème et dans la traduction des poèmes de Nicandre, nous arri-
i. H, 77, V. 26, et 78, v. 1 ; 105, v. 9-10.