I, tilO, V
2. Voir Adhelm Dernier, Monuments incdils de l'Uisloirc de France, 1400-1()00. Mémoires originaux concernant principalement les villes de... Clcrmont-Oise, etc., Paris-Senlis, 185i, p. 'Ji5.
0. Société de llmloire du Protestantisme français; bulletin historique et littéraire, t. XXXII, p. 71.
Assopir la Magere ennemie Qui de rancœur et de bruslante envie Avoit desja le pais deschiré....
En revanche, Grévin ne laisse rien percer de ses sympathies calvinistes dans l'ode IX de VOlimpe, intitulée : UEspée, à Pliillppes dJ Warty. L'auteur ordonne à Yulcain de forger pour Philippe un glaive, ou, comme il dit, une « alumelle », vieux mot français qui a persisté dans le patois picard. 11 indique à Yulcain les ornements que devra porter ce glaive, voué au service et à la défense du roi. D'abord, des devises; puis, Técu des Warty, dont ce passage nous conserve la description :
Au bout, d'une mesmc façon, Tu graveras un escusson.
Et de guculles une ceinture Qui luy servira de closture :
Dedans tu graveras encor' Cinq fusées en un champ d'or*.
Surtout, Yulcain devra retracer sur cette épée les brillants faits d'armes accomplis par Joachim de Warty, devant Boulogne, où il « rembarre un escadion Anglois », à Metz, où il « effroye un cailip d'Alemans », à Oudenarde, partout enfin où il s'est signalé par ses prouesses et sa vaillance,
Afïin que voyant ceste histoire, Son fils remette en sa mémoire Qu'il fault mourir sous le harnois Pour la défense de nos Rois, Qu'il fault mourir pour un bon Prince, Qu'il fault mourir pour sa province*.
De fait, huguenot zélé et fidèle sujet du roi, Philip|)C de Warty ne démentit pas les traditions de sa race. Kn ir)7'2, il épousa
Judith tle Moiitbéron, (|ui appartenait à la religion réformée, et vil son mariage cassé par sentence de Charles, cardinal de Bourbon, évêque de Roauvais. Le bruit de cette mesure riiroureuse se répandit bientôt dans la province et contribua à l'irritation des esprits : Tarmée calviniste prit prétexte de cette occasion pour ravager tout le pays. On lit dans le journal de Lestoile, à la date de 1586, un i< pasquin » satirique sur le luxe et les débordements des courtisans, dans lequel Philippe de Warty est pris à partie avec violence :
Douarli, c'est trop caquette!...
Douarli, tu voudrois sçavoir*... etc.
En 1589, Philippe se signala à Senlis, où il particij)a à la victoire des royalistes, qui s'emparèrent de la ville'.
Il mourut sans postérité, et ses terres passèrent à sa sœur Françoise. Celle-ci, mariée d'abord à Caliot de Crussol, seigneur de Beaudiner, qui périt à Paris le jour de la Saint-Barthélémy, se remaria, le 24 juillet 1578, avec Jean-François Faudoas de Serillac, seigneur de Belin, lieutenant du roi en Picardie, puis gouverneur de Paris, de l'isle-de-France, et ensuite de la personne de Henri de Bourbon, prince de Condé. De ce mariage naquit une fille, Louise, qui épousa Claude Gruel, seigneur de La Frette, ennemi implacable des catholiiiues, mort a Warty, le 18 mai 1615'.
Madeleine de Warty et son fils avaient fait de leur château le rendez-vous ordinaire des chefs du parti calviniste. Là s*assem-
i. Mémoires-Journaux de Pierre de VEstoile, édition conforme aux mnuu.s rils originaux. Paris, 1875-1896, t. II, p. 565 et 500.