I. Voir plus haut
La nuiqt csloit obscure cl la lune couverte
N'escleroit les sentiers de ma routte déserte ;
Les rochers de la guerre à fleur d'eau paroissoient,
i>0 Va d'un bort incertain les bancs me menaçoicnt : Quand la grande clarté et saincte et bien aymee Qui compaigne le cours de vostre renommée Apparut à mes yeux, et quand au desespoir De tous aultres secours j'eus ce bien de la voir ; Aussi tost que la vois, aussi tost l'asseurance Me feit monter en hault les voilles d'espérance. Aussi tost j'ay single' et d'un cours asseuré En bref je vins surgir au rivage espéré. Madame, de ce feu la flamme coustumiere
50 Nourrist en vos vertus sa puissante lumière, Admirable et divine et qui fin ne prendra Tant que l'astre du monde en soy se maintiendra ; Par l'Ile désormais on pensera la terre Qui s'esloigne aujourdhuy des rives d'Angleterre N'estre rien que désert et sec et retiré, Vojre do tout le monde à bon droict séparé. D'autant que ce pais ou la vertu habonde Doibt à juste raison estrc nommé le monde. Aussi Dieu tout puissant qui d'un œil arresté
40 lU'garde des Angloix le sceptre redoubté,
Autres fois, en faveur de vous (jui debviez naistre, Mist ung monde en la main du vertueux ancestre. Lequel ayant vaincu les plus audacieux, Aquist de conquereur le beau nom précieux.
De ce premier guerrier la race généreuse A tant depuis esté et fertille et heureuse, En comtes et en ducs, en princes et en Roys, Aux armes redoublez et justes en leurs loix.
Les ungs preux et hardis augmentèrent leur gloire,
50 Par leurs actes gravez au temple de Victoire, Pour avoir maintes fois d'un bras encouragé Dcsroulté l'Escoissois en bataille rangé. Et les aultres encor, amys des destinées, Veirent de leurs subjectz les trouppes mutinées Vaincues tout aussi que les audacieux
Qui jadis (comme on dict) oschelleront les cieux ; Ou ainsi qu'on a veu ceste bande peu sage Qui habite aux mareslz d'Irlande la saulvagc* Avoir puis peu de jours chèrement acheplc
60 Et payé chèrement son infidellité,
Quant par votre conseil et la sage conduicte De maint brave guerrier elle fut mise en fuicte, Et que Dieu tout puissant monstra evidamment Qu'il veult favoriser vosJre gouvernement.
Les aultres, non contans de ces gloires acquises, Furent favorisez en maincles entreprises, Ayans passé la mer, leur chef environné D'un laurier tousjours vert se sentit couronné, Et mesme nous veoyons la belle renommée
70 D'Edouard et Henry, heureusement armée.
Au meiileu des vaincus tenir dessoubz ses piedz Du north et du mydy les peuples chastiez. Son chef est couronné; sa lance est estoplioe D'un corsellet gravé qu'elle porte en trophée; L'armet est par dessus, et de ce vague corps On veoit sortir le nom et les armes des morlz. Les haches, les escutz, les banyeres connues. Les flesches et les dardz et les lances rompues; Son visage, ses bras, sa poictrine, et son ilanc
SO Paroist entremeslé de poulsiere et de sang ;
Elle est droicte sur pied ; l'escharpe qu'elle porte Est d'une lettre d'or escripte en ceste sorte : Henry, filz de Henry, tant connu des Gaulois, Et le prince Edouard, vaincueur des Escossois.
Ainsi de voz ayeulx l'adresse et la vaillance Augmente d'autant plus voslrc heureuse puissance, Qu'heureux ils ont estez et crains et redoubtez Par les peuples qu'ilz ont vaillamment surmontez. Ce bon heur toutes fois, bien qu'il vous rende heureuse,
ÎK) Ne sçauroit augmenter la gloire précieuse Du los qui vous est deu et qui par l'univers Ores sera |>orté sur l'esle de mes vers. Ung aultrc vous louera pour vostrc dcssenduc