I. Cf. Du BKI.I.AY. i'(\. M.-L.. Il, 2:.7, V
De Henry, le grand J{oy dont la gloire entendue La faict mesme advoucr d'une commune voix Le plus grand qui jamais porta le sceptre angloix ; I/aultre dira le nom de voz villes puissantes. De vos ileuves couUans et isles verdoyantes, De vos pallais dorez, de vos principaultez,
100 De vostre grand royaulme lialxmdnnt en citez. Et bref il vous louera en voyant l'abondance Du peuple qui vous rend entière obeyssance.
Pour toutes ces grandeurs seullement je diray Que le premyer bon lieur par les Roys désiré Accompaignc voz jours, mais en ces biens eslranges Je ne veulx appuyer voz heureuses louanges. Car fortune est cadu(iue et la })rosporité Est pleine d'impuissance et de fragillité. La louange est à nous, la louange j'estime
110 Qui est des vertueux la fille légitime,
Et qui tousjours demeure, encor que le bon heur Ou la prospérité face place au malheur.
Ainsi, Madame, ainsi ceste louange est née Des premyeres vertus dont vous estes ornée. Pour publier à tous et chanter en naissant Que par vostre conduicte ung royaulme puissant Demeure pacifique, et que la })aix esleue Depuis que vous régnez s'est tousjours maintenue Contre l'espoir de ceulx qui se rompent de dueiP,
120 Pour ce que Dieu vous a regardé de son œil, Pour ce qu'il a voullu d'une main liberalle Reveslir vostre esprit d'une vertu royalle. Et pour ce qu'il vous a conduicte tellement Que chascun peult juger (pie bien et dextrement Vous avez jusque icy maintenu par prudence Cella que vos ayeulx acquirent par vaillance.
Par la mesme vertu vous vous accommodez A l'honneur de tous ceulx ausijuels vous commandez. Vous prévoyez de loing que mal ne leur adviene ;
150 Vous vouliez que la loy entière se maintiene; Vostre vouUoir s'accorde avecque l'équité,
1. Grcvin dit aillcui-s (II, IHI, v. 2'2) : Sans huit se meurtrir de soucy,
Car vous donnez la reigle a vostre voiillunté, Laquelle se conduict d'une si sage addresse Qu'on y peult remerquer la prudence maistresse Vous voyez, entendez, et jugez promptemenl Par l'œil et par l'oreille et par le jugement De vos subjectz, qui sont lidelles en couraige Et promptz à bien servir une princesse sage. Ainsi vous conduisant, desja vous surmontez
140 Les roys qui ont esté en armes redoublez,
D'aultant qu'il est meilleur et beaucoup plus honneste De laisser ung bien faict qu'une chère conqueste ; Et d'aultant que la paix est ung don précieux, Qui nous est envoyé tant seullement des cieulx, Pour lequel acquérir tant et tant de gensdarmes Sont mortz piteusement au meilleu des allarmes.
De là doncques on peult juger asseurement Que Dieu vous meist en main ung tel gouvernement, Et qu'après vous avoir la plus digne trouvée,
150 Miraculeusement vous fustes réservée
Pour porter la couronne et le sceptre croissant, Qui doibt en vostre main estre le plus puissant Et le plus redoubté qu'onques il ne peult estre En celle du vainqueur vostre premyer ;uicestre. Ou de ceulx qui jadis furent aymez de Mars, Les huict princes Henris, et les six Edouards, • Bref, qu'ayant pour ayeulx tant de roys vénérables, Vous trouvastes naissant les Muses favorables. Qui vous vindrent baiser, et qui depuis ce temps
160 De leurs perfections compagnerent voz ans. Car le Hoy (se disoit le vieil poêle d'Ascree*) Par prudence et vertu gouverne sa contrée,