Le Journal des Afaires, Registre III, fol
(c'est-à-dire : en Livres de gros, 16 sous, 8 deniers)*. » Ce n'est pas tout. Voici un troisième manuscrit, le Libro de la Stampay tenu, comme c'était beaucoup l'usage alors, par un comptable italien, qui, dans ses écritures, entremêle l'italien au français : <c MDLXV. Colloques fi'an(,'oys. Dievo dare aujourdliui, 4 juillet, à Christophe Plantin : L. s. 16.8., avance à bon compte à M* Jaques Grevin' ». Ainsi, on paye à Grévin une somme d'argent à bon compte sur les colloques qu'il fait. Voilà une preuve convaincante et décisive : les Dialogues sont de Jaccjues Grévin.
Pourquoi Plantin eut-il cette faiblesse de vouloir se parer du travail d'un autre? Je n'en sais rien, et peu importe. Son nom reste assez glorieux pour n'avoir pas à souffrir des indiscrétions tardives que j'arrache à sa comptabilité. 11 était Français; il n'eût pas eu de peine à écrire des dialogues dans sa langue (nous allons même en trouver, dans le nombre, qu'on doit lui attribuer). Mais son style, à le juger par ce que nous connaissons de sa correspondance, eût manqué de la vei've pittoresque qui anime celui de Grévin. Il ne faut pas chercher dans ces Dialogues françois la satire pénétrante qui se cache sous le latin spirituel des Colloques d'Erasme. Tels qu'ils sont, ils présentent des détails de mœurs intéressants. Je n'aurai pas à revenir sur cet opuscule ignoré; qu'on me permette d'introduire ici une digression et de tracer une rapide analyse de ces Dialogues.
Et d'abord les poésies liminaires ^ Dirai-je toute ma pensée? Je crois que celles-ci sont elles-mêmes l'œuvre de Grévin. PhuUin écrivain a perdu ma confiance. Je me méfie de la muse de cet imprimeur qui n'a encore produit que quelques vers insignifiants, et qui se met à en écrire (et à en écrire de bons) dès cju'il a fait la connaissance de notre poète. La première de ces poésies est
1 Le Grand Livre des Afaires, Registre IV, fol. 94 v". Suit un compte de ce qu'a coulé l'impression et celte indicalion que l'ouvrage a élé tiré à 1500 exemplaires.