‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 50 sur 262 · RoNSAKD, éd. P. Bl., Mil, 0, note · texte numérisé non relu

RoNSAKD, éd. P. Bl., Mil, 0, note

Même style chez La Guillotière. Il s'en prend à

un tas de jeunes veaux Qui veulent rabrouer tous les moyens nouveaux.

Grévin a loué sa langue aux drogueurs. Il vit aux crochets d'un tas d'apothicaires. Sa dent ne pourra rien sur l'honneur du sage Launay. Il se rongera les doigts de dépit. C'est un Zoïle ; c'est « un fouet w. Les mérites de Launay, reprend Bouchet,

Sont griefs à Grevin, ce flateur de boutiques, Mais vérité vaincra le temps et son outrage.

J'ahrcge Ijeaucoup. Eh hien ! ce langage n'est pas dépourvu d'aménité, si on le compare à celui de Launay lui-même. De la partie médicale de sa dissertation, je ne puis rien dire : c'est une longue amplification, en 124 pages serrées, de son premier traité. Mais elle est précédée de quelques pages où il déverse sa rancune personnelle, et qui respirent une remarquable rage. Et, en vérité, on se demande pourquoi. Il semble que les hommes de cette époque s'injuriaient pour le plaisir. Gi'évin avait bien employé ([iiel([ues expressions un peu vives. Je crois même ([u'il a laissé échapper le mot ignorance. N'importe : c'est encore là une criticjue armée à la légère, pour un siècle oii bien (les combattants, de Scaliger à Juste-Lipse, ont manié avec aisance de 1res pesantes invectives. Grévin désirait une lutte courtoise. 11 prévenait son adversaire de ce désir en des termes ([ui ne sentaient guère la provocation. Il lui disait : « Ainsi donc- ([ues, Launay, je vous prie de penser que je ne me veux défendre ni vous assaillir d'autres armes, et que ainsi vous estimant homme de lettres, je pense que vous ne vous destracquerez p(»inl du sentier de raison, laquelle nous doit conduire à la vérité ». Homme de letties ! Grévin ne connaissait pas d'appellation plus flatteuse. Il ajoutait : « Faisons doncques tellement que les regardans puissent remarquer en .nous une grande partie de

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